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Tribunal des femmes : un réquisitoire sans
complaisance
lundi le 23 janvier 2006,
par : Tcherno, H.B.
C'est la
dernière journée pour le Forum Social Polycentrique de Bamako.
Hier, le village des femmes a connu une animation particulière
avec l'ouverture du tribunal des femmes dans l'amphithéâtre du
palais de la culture Amadou Hampate Ba. Le jugement rendu par
les altermondialistes de quatre continents est très sévère.
Le
tribunal des femmes est un espace d'échanges pour dénoncer les
violences faites aux femmes. Ce tribunal symbolique a été
institué en 1992 pour donner la chance aux femmes de parler de
la situation du monde, de leurs problèmes, d'être solidaires.
Entre autres objectifs, le tribunal des femmes vise les
objectifs suivants : comprendre et regarder avec de nouveaux
yeux les réalités de différentes formes de violence contre les
femmes à travers le monde, approfondir et analyser les racines
de la violence contre les femmes, faciliter le dialogue entre
femmes de toutes régions du monde, développer et analyser les
concepts et catégories des droits humains, étendre les droits
humains à une perspective de genre, sensibiliser les
gouvernements et l'opinion publique, etc.
Le
tribunal d'hier a été organisé par le FSMP, Enda Tiers monde,
El Taller et le FAMES. Il a démarré par des chants et de
danses au son de tambours africains et maghrébins. Beaucoup de
curieux et de journalistes ont afflué dans la salle pour
entendre le verdict des femmes relativement à la façon dont le
monde est géré par les riches et les multinationales.
Pendant
trois heures de temps, les altermondialistes ont échangé sur
des thématiques qui embrassent tous les domaines de la vie.
En
introduisant les discussions, la présidente du Forum pour un
autre Mali (Foram), Mme Aminata Dramane Traoré a affirmé que
les femmes ont payé un lourd tribut à la mondialisation. Elle
a dit toute sa rage du projet de société néolibéral actuel qui
ne correspond pas à la demande des femmes. Selon elle, les
femmes ne bénéficient pas d'espace de débats pour faire le
lien entre le global et le local.
En
conclusion soutient-elle, puisqu' "il y a une manière pour les
femmes de vivre la mondialisation, il y a certainement une
façon pour elles d'envisager l'avenir". Aujourd'hui, les
femmes du Mali et d'Afrique comprennent qu'il est temps, grand
temps de revisiter le débat sur l avenir. "Il est essentiel
que pour nous de comprendre la marche du monde. Le changement
doit commencer par les femmes qui représentent la majorité de
la population mondiale. C'est à nous de prendre le taureau par
les cornes" ajoute t-elle. Son intervention fortement
applaudie a été traduite en bambara, la langue la plus parlée
au Mali, afin de mettre dans le bain la plus grande partie de
l'auditoire qui ne comprend pas la langue de Molière.
"Aujourd'hui est une fête pour les femmes" nous a confié une
participante de la Tunisie.
www.alternatives.ca/article2325.html
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