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Forum Social Africain

Développement : flot d'eau à Bamako

Cathy Yogo, à Bamako

Pour le Forum social mondial, l'accès à cette substance doit être gratuit.

Parmi les activités tenues au cours du 6ème Forum mondial polycentrique qui s'achève ce lundi à Bamako au Mali, le thème de l'eau était très fédérateur. Lors des diverses rencontres, les discussions visaient surtout l'effectivité de l'exploitation de cette substance par les sociétés publiques. Pour beaucoup, une telle démarche rendrait l'eau accessible à tous. Ainsi, la dernière rencontre à laquelle ont pris part les parlementaires et les responsables de mouvements sociaux de pays africains au Musée national de Bamako, samedi dernier, a abouti à "L'appel de Bamako sur l'eau". Ce dernier propose entre autres que l'accès à l'eau soit gratuit pour la vie (les coûts associés étant pris en charge par la collectivité), à hauteur de 40 litres par jour et par personne.

En effet, dans de nombreux pays africains, et comme le soulignait un parlementaire, la promotion urgente d'une "Nouvelle culture de l'eau" s'impose. Non seulement la privatisation de ce secteur fait surtout l'affaire des compagnies multinationales occidentales, mais en plus, elle rend plus difficiles les conditions de vie des populations. Le fait est plus patent au Mali, où même avec la reprise du contrôle de l'eau par le gouvernement, la question de l'accès à cette substance demeure. "En effet, pas plus de 40 % de Maliens ont accès à l'eau potable. Le reste de la population fait des dizaines de kilomètres pour s'approvisionner en eau non potable. Dans un même temps, le coût de construction d'un forage est de l'ordre de 3 à 5 millions de Fcfa. C'est impensable dans un pays où le revenu moyen par habitat représente moins de 300 Fcfa par jour ", explique Boubacar Touré, député élu à l'assemblée nationale du Mali, membre de la commission développement rural et environnement.

Pour que le voeu de "l'Appel de Bamako" se réalise, sur le plan continental, ses signataires pensent qu'il est prioritaire de promouvoir des réseaux de "défenseurs de l'eau" contre la marchandisation de l'eau dans le continent. Et sur le plan mondial, ils proposent que les organisations et entreprises publiques qui s'occupent de l'exploitation de l'eau dans le monde créent une Alliance mondiale. L'objectif de cette union serait, entre autres, de contrecarrer les actions de Aquafed, la Fédération internationale des opérateurs privés de service d'eau qui a été créée l'an dernier.

Toutefois, pour Boubacar Touré, le fait que les parlementaires et les responsables de mouvements sociaux et experts se mettent déjà ensemble est une avancée majeure. "Dans le contexte Africain, le député se débat en fonction de ce qu'il sait. Hors, il n'a pas la science infuse. Il lui faut des gens de terrain pour éveiller son attention. Notamment sur ces privatisations sauvages qui mettent l'eau à des coûts insupportables", conclut-il.

http://fr.allafrica.com/stories/200601231014.html

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