Forum
Social Africain
Développement
: flot d'eau à Bamako
Le
Quotidien Mutations (Yaoundé)
23 Janvier 2006
Publié sur le web le 23 Janvier
2006
Cathy Yogo, à Bamako
Pour le Forum social mondial, l'accès
à cette substance doit être gratuit.
Parmi les activités tenues au cours du 6ème
Forum mondial polycentrique qui s'achève ce lundi à Bamako
au Mali, le thème de l'eau était très fédérateur. Lors des
diverses rencontres, les discussions visaient surtout l'effectivité
de l'exploitation de cette substance par les sociétés publiques.
Pour beaucoup, une telle démarche rendrait l'eau accessible
à tous. Ainsi, la dernière rencontre à laquelle ont pris part
les parlementaires et les responsables de mouvements sociaux
de pays africains au Musée national de Bamako, samedi dernier,
a abouti à "L'appel de Bamako sur l'eau". Ce dernier propose
entre autres que l'accès à l'eau soit gratuit pour la vie
(les coûts associés étant pris en charge par la collectivité),
à hauteur de 40 litres par jour et par personne.
En effet, dans de nombreux pays africains,
et comme le soulignait un parlementaire, la promotion urgente
d'une "Nouvelle culture de l'eau" s'impose. Non seulement
la privatisation de ce secteur fait surtout l'affaire des
compagnies multinationales occidentales, mais en plus, elle
rend plus difficiles les conditions de vie des populations.
Le fait est plus patent au Mali, où même avec la reprise du
contrôle de l'eau par le gouvernement, la question de l'accès
à cette substance demeure. "En effet, pas plus de 40 % de
Maliens ont accès à l'eau potable. Le reste de la population
fait des dizaines de kilomètres pour s'approvisionner en eau
non potable. Dans un même temps, le coût de construction d'un
forage est de l'ordre de 3 à 5 millions de Fcfa. C'est impensable
dans un pays où le revenu moyen par habitat représente moins
de 300 Fcfa par jour ", explique Boubacar Touré, député élu
à l'assemblée nationale du Mali, membre de la commission développement
rural et environnement.
Pour que le voeu de "l'Appel de Bamako"
se réalise, sur le plan continental, ses signataires pensent
qu'il est prioritaire de promouvoir des réseaux de "défenseurs
de l'eau" contre la marchandisation de l'eau dans le continent.
Et sur le plan mondial, ils proposent que les organisations
et entreprises publiques qui s'occupent de l'exploitation
de l'eau dans le monde créent une Alliance mondiale. L'objectif
de cette union serait, entre autres, de contrecarrer les actions
de Aquafed, la Fédération internationale des opérateurs privés
de service d'eau qui a été créée l'an dernier.
Toutefois, pour Boubacar Touré, le fait
que les parlementaires et les responsables de mouvements sociaux
et experts se mettent déjà ensemble est une avancée majeure.
"Dans le contexte Africain, le député se débat en fonction
de ce qu'il sait. Hors, il n'a pas la science infuse. Il lui
faut des gens de terrain pour éveiller son attention. Notamment
sur ces privatisations sauvages qui mettent l'eau à des coûts
insupportables", conclut-il.
http://fr.allafrica.com/stories/200601231014.html