Forum
Social Africain
FSM 2006 - BAMAKO
Les paysans maliens dénoncent la
situation d’apartheid au pays de Toumani Toure
lundi le 23 janvier 2006,
par : Tcherno, H.B.
Les
participants maliens au FSM de Bamako ne lésinent sur aucun
moyen pour partager leurs préoccupations avec les militants
altermondialistes venus des quatre coins du globe. Hier, les
paysans maliens étaient face aux hommes de medias pour dénoncer
les ravages de l agrobusiness et exiger la libération des
syndicalistes emprisonnes suite au mouvement de grève entame
depuis six mois par les travailleurs de la Sodemax.
Des
paysans maliens ont anime une conférence de presse hier, 21
janvier 2006, au centre medias du Centre International de
Conférences de Bamako. Cette rencontre qui a draine un public
nombreux vise à expliquer aux journalistes, assurant la couverture
du Forum Social Mondial Polycentrique, les graves problèmes
auxquels sont confrontes la paysannerie malienne et les travailleurs
de la société d exploitation d’or dans la région de Bougouni.
L’objectif poursuivi par les organisateurs de cette action
médiatique est de porter à la connaissance du monde entier
les événements qui se déroulent dans certaines localités de
ce pays de l’hinterland.
Pendant
deux heures d’horloge, le collectif de paysans a entretenu
les confrères de plusieurs sujets touchant à leurs conditions
de vie et de travail et à la chasse aux sorcières dont ils
font l’objet. Entre autres sujets, les conférenciers ont abordé
la question foncière, le licenciement des agents de la société
d’extraction minière, les atteintes à la liberté syndicale
et les tentatives d’intimidations des autorités locales sur
les représentants des travailleurs.
"Depuis
six mois, nous sommes prives de nos salaires et de tous nos
droits. Nous avons été insultés, humiliés, frappés et emprisonnés".
En
effet, les ouvriers de la SODEMAX ne tirent aucun avantage
des exploitations minières et sont à la merci patronat.
Apres
sept mois de grève, ils ne voient pas encore le bout du tunnel
car les responsables de l’entreprise et leurs complices tapis
dans les sphères de l’administration refusent d entamer de
négociations sérieuses avec les responsables de travailleurs
dont certains d’entre eux sont en prison. Selon M. Moro
Macalou, trente travailleurs ont été jetés en taule suite
à leur mouvement de grève. Certains d’entre eux ont été relaxes,
mais neuf sont toujours derrière les grilles de la prison
civile de Bougouni.
Si
nous sommes expulses de nos terres, où allons nous partir
s’interroge d’un air pathétique le plus jeune.
La
situation actuelle que nous vivons est pire que l’apartheid
a affirme Brahima Sidibe de Morila.
Exode,
vols, brigandage, conditions de vie exécrables, tel est le
sombre tableau des travailleurs de la mine.
"Entre
l’argent et la dignité, nous avons choisi de résister à la
tentation du gain facile car le combat que nous menons est
celui de la lutte contre l’impérialisme" affirme Ben Counda
de l association Solidarité Fraternité malienne. "Nous sommes
inquiets quant à notre sort après le FSM" ajoute le plus jeune
d’entre eux.
Avant
d’ouvrir les débats, les conférenciers ont tenu a rendre un
hommage a Oumar Mariko du réseau de communication Kayira qui
est le seul citoyen malien a volé à leur secours pendant ces
moments d’épreuves. Ils ont lance un appel pour que se manifestent
d’autres Marikos. Le plus vieux d entre eux a suggère l organisation
à court terme d’une concertation de paysans pour parler de
la question de la paysannerie malienne. Il a aussi souhaité
que la préparation de cette activité soit confié à Oumar Mariko
dont la radio n’a eu de cesse de soutenir leur lutte.
L’intéresse
qui était dans la salle a été interpelle par un intervenant.
Dans
sa réponse, le député du parti Solidarité Africaine pour la
Démocratie et l’indépendance (SADI) a reconnu que les travailleurs
n’ont pas bénéficié d’actions de solidarité suite au déclenchement
de leur mouvement. Ils ont dit-il été abandonnés à eux-mêmes
par les structures de la société civile en particulier les
centrales syndicales qui gardent un silence suspect par rapport
à ce dossier. "Les centrales syndicales ont trahi la lutte
des travailleurs. C’est le syndicalisme de séminaire et de
voyage qui constitue leur unique préoccupation. Nos responsables
syndicaux sont devenus des délateurs qui ne se gênent pas
de dénoncer à la police les durs du mouvement de protestation"
affirme Mariko. En dehors de la ligue des Droits de l’Homme
qui a fournit les avocats, personne n’a levé le bout du doigts
pour les soutenir.
Le
président du réseau Kayira a fustigé le comportement des altermondialistes
maliens qui sont restés muets par rapport a ce problème douloureux
qui a mis de familles entières dans la rue. Il a dénonce la
politique de l’agro business qui consiste a transforme les
paysans maliens en ouvriers agricoles, une situation a la
base de la perpétuation de la domination du système impérialiste
par des fonctionnaires maliens. Chacun d’entre nous est interpellé
par le problème que vit nos paysans et travailleurs a conclu
Mariko. Des conditions de vie précaires
Le
collectif de paysans a également fait circuler une pétition
et une lettre ouverte aux autorités maliennes et internationales
pour demander la libération des détenus de Bougouni et la
reprise du travail dans les mines.
Dans
la missive adressée aux dirigeants, les auteurs affirment
qu’ils travaillent depuis l’année 2000 dans les mines d’or
de Morila, sans aucune garantie et protection sociale. “La
SOMDEX n’a ni clinique, ni de médecin, ni ambulance. Nos femmes
accouchent souvent à domicile. Certains travailleurs ont perdu
la vie faute d’assistance médicale.”
Ils
accusent le chef du personnel de falsifier et d’établir de
faux contrats pour les travailleurs, en imitant leurs signatures.
L’intéresse a poussé le culot jusqu’a rédiger au nom des travailleurs
une pétition contre leur Secrétaire Generali dont la vie serait
en danger. Les paysans affirment être en possession des éléments
de preuve de la falsification desdits documents de travail.
Cette supercherie est a l’origine du déclenchement de la grève
qui paralyse l’usine depuis six mois.
"Nous
sommes privés de nos salaires et de tous nos droits. Nous
avons été insultés, humiliés, frappés, emprisonnés par le
commandant de brigade de Komantou et de Bougouni".
Comme
si tout cela ne suffisait pas, le Sous Préfet de Sanso avec
la complicité du juge de Bougouni a procède à la signature
de la rupture du contrat des 311 travailleurs de l’usine.
Plus grave, l’intéressé a promis de chasser les "casse -pieds"
de la localité de Morila. Une plate forme en points
Dans
leurs plate forme revendicative, les travailleurs demandent
la reprise immédiate et inconditionnelle des mineurs licenciés,
la libération immédiate des détenus de Bougouni, le paiement
des primes de rendement, des dommages, intérêts et biens perdus,
l’apurement intégral des arrières de salaires, la reprise
des contrats, le remboursement des biens du SG, la reconnaissance
par la Somadex du comite syndical d’entreprise dirigé par
M.A.Nioumanta.
Les
travailleurs de la Sodemax ont aussi demande que soit déferé
devant la justice toutes les personnes impliquées dans cette
affaire. Ils ont lance un appel à la mobilisation internationale
pour que justice soit rendue aux travailleurs de l’usine.
Il
faut rappeler que lors de la marche d’ouverture du FSMP, les
paysans ont défile avec une banderole suggérant ironiquement
aux dirigeants maliens de privatiser le fleuve Niger, après
le Coton et l Or.
www.alternatives.ca/article2322.html