Forum
Social Africain
FSMP :
et après Bamako ?
par Le
Républicain
27 janvier 2006
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Un des objectifs
de cette rencontre intercontinentale qui s’est déplacée pour
la première fois en Afrique pour se tenir dans la ville cosmopolite
de Bamako, c’est de marquer un pas de plus mais un pas décisif
dans le combat "un autre monde est possible". Pendant cinq
journées dignes du marathon, 700 activités se sont déroulées.
Des conférences
animées par des spécialistes de haut niveau, une participation
significative des milieux paysans et populations rurales le
tout alimenté par des débats jugés très fécond selon le nombre
et la qualité des participants au FSMP de Bamako.
A quelques heures
de la fin de cet événement historique, votre journal a cru
bon de savoir déjà en quoi cette rencontre de Bamako a été
positive et surtout savoir ce qui va permettre de garantir
ses résultats.
Certains participants
du mouvement social africain et européen ont bien voulu donner
leurs impressions. Au nombre de ceux-ci M. Olivier Bonfond,
membre du Comité pour l’annulation de la Dette du Tiers Monde
(CADTM).
Selon lui, ces
résultats en tant qu’altermondialistes se calculent en termes
non seulement de contacts mais aussi de synergies.
"Nous
avons eu beaucoup de réunions informelles entre tous les mouvements
sociaux. Et ça été un moment privilégié pour que toutes les
organisations qui travaillent non seulement sur les questions
de souveraineté alimentaire, de commerce équitable mais surtout
sur la question centrale de la dette, puissent se rencontrer
pour dégager entre elles les points communs qui leur permettront
d’avancer dans une action commune".
Tout en se disant
impressionné par l’énergie qui s’est dégagée lors de ce forum,
M. Olivier, toujours avec la même ferveur poursuit :
"depuis qu’il existe il y a de cela 10 ans,
le Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde, sur
le constat qu’on ne peut attendre grand chose du Nord, travaille
à renforcer les mouvements sociaux du Sud afin de les amener
à prendre conscience de la place de choix qu’ils doivent jouer
non seulement dans l’amélioration de leur conditions de vie,
mais aussi de leur émancipation sociale..."
Pour Madame
Barry Aminata, présidente de la Coalition des Alternatives
Dette et Développement, les objectifs de ce forum de Bamako
étaient clairs.
Il s’agit, selon
elle, non seulement de montrer la force du mouvement social
mais également de se retrouver pour peaufiner les stratégies,
faire le bilan et poursuivre l’action.
Et pour cela,
note t-elle, des résultats sont déjà perceptibles. Il s’agit
d’une part de la grande mobilisation perceptible au plan international
(11 000 personnes inscrites au FSMP cette année).
L’autre résultat
étant, selon elle, le fait d’avoir réussi à fixer le regard
des décideurs au plan national, africain et mondial sur cette
rencontre où les personnes directement affligées par les politiques
neolibérales montent au créneau pour montrer leur exaspération.
Nous espérons
que d’ici le nouveau rendez-vous de 2007 à Nairobi, la Banque
Mondiale, le FMI et le G8 accepteront finalement de voir les
choses en face et faire des propositions plus concrètes.
Adopter des
résolutions est une chose et les rendre opérationnelles relève
presque toujours d’une autre paire de manche. Se pose alors
la question de garantie et de suivie des conclusions.
Sur le sujet,
M. Olivier n’a aucun doute : "le succès,
dira t-il, est déjà garanti car même s’il est vrai que certaines
stars de l’altermondialisme sont déjà reparties pour Caracas
où il doit se passer également certaines choses assez intéressantes
qu’il va falloir mettre en connexion en terme d’alternatives
et de remise en question du néolibéralisme, il y aura aussi
beaucoup de choses que les africains pourront puiser et vice
versa".
Le succès de
ces résultats, conclut-il, viendra de la capacité des mouvements
sociaux d’Amérique Latine et de l’Afrique à aboutir à des
conclusions similaires et à renforcer les synergies pour que
la rencontre de 2007 soit très forte et très soutenue.
Avec, selon
elle, l’annonce faite de renforcer, ici, à Bamako, le réseau
de la société civile africaine, la présidente du CAD-Mali
espère, là, sur une avancée majeure qui sera très utile pour
la sauvegarde des résultats de Bamako.
Ce réseau qui
sera le plus fort permettra également de mettre sur la sellette
un puissant front africain, a-t-elle en outre indiqué.
Oumar
Diamoye, 23 janvier 2006.
Source : www.cadtm.org/article.php3?id_article=1743