Forum
Social Mondial
Porto Alegre,
22-23 et 26-31 janvier 2005
MOUVEMENTS SOCIAUX ET CITOYENNETES
Les travailleuses du sexe exigent des droits
(30/01/2005)
Dans la salle B 204, cet après-midi de samedi 29 janvier
2005, l’ambiance est particulière. Les femmes dominent de
loin quelques rares hommes éparpillés dans la tente qui
abrite l’atelier sur le thème «Construire la citoyenneté :
l’expérience du réseau brésilien des professionnels du
sexe». Profitant du Forum social mondial, les différentes
associations de travailleuses du sexe du Brésil, regroupées
en réseau, se sont donné rendez-vous pour réfléchir sur des
stratégies pour mieux intégrer la société.
A l’entrée, une jeune fille distribue des documents dans
lesquels sont glissés deux préservatifs. A l’intérieur de la
tente, des acclamations accompagnent les réponses des
animateurs. «Nous sommes des citoyens comme tous les autres.
Nous avons des droits. Nous voulons être prises en compte
par la politique générale de la société. Nous disons non à
la discrimination», déclame une femme. Carmen Lucia Paz,
secrétaire de l’association «Nùcleo de Estudos da
Prostituiçào» confirme : «La prostitution est une réalité
sociale qui fait partie intégrante de la société
brésilienne. Voilà pourquoi les professionnelles du sexe du
Brésil se sont retrouvées en atelier pour parler de leurs
problèmes». Ce que nous souhaitons, à côté des autres
couches sociales, déclare-t-elle, «c’est la solidarité,
l’intégration sociale de toutes les couches, le respect,
l’égalité devant la loi…»
A Porto Alegre, on compte quelque douze mille travailleuses
du sexe, selon les chiffres avancés par Carmen Lucia Paz. Le
réseau qu’elles ont mis en place leur permet de capitaliser
des acquis. Entre autres, «d’exiger du ministère de la Santé
et de la Protection sociale, ainsi que du Travail, un regard
attentif sur celles qui exercent cette profession, et qui se
refusent d’être des marginalisées». Leur citoyenneté, ces
professionnelles du sexe l’expriment en travaillant pour se
sensibiliser et sensibiliser aussi les populations pour la
prévention des maladies sexuellement transmissibles.
Hippolyte Djiwan