COURT AFRICAINE DES FEMMES
Zoom sur les drames au féminin
Il y a eu des témoignages, des analyses, des poèmes, des chants et danses.
Tout pour donner un aperçu de la situation difficile que vivent de nombreuses
Africaines, du fait de leur identité et de leur statut. C’est donc une
sorte de Tribunal des femmes africaines qui tenu hier, pour juger d’une
situation dramatique. A l’issue des débats, un jury compose de personnalités
du Forum social africain s’est chargé trancher. Avec des appréciations
et des suggestions.
Pour introduire ce processus, Rabia Abdelkrim pose l’exigence
de “créer une autre économie de la vie pour la vie”. Quant à
Corinne Kumar, elle demande “d’écouter les voix du rejet du silence
qui a pérennisé les pouvoirs hégémoniques”.
Les jugements des “experts” sont tombés à travers la voix du Prix Nobel de
la paix 2004, Wangari
Mathai, et de Boubacar Dembélé. La première,
s’adressant à l’assistance par vidéo, dénonce les effets néfastes des
politiques actuelles sur la vie des femmes. Le second, critique le fardeau
du service de la dette pour les besoins duquel les ressources sont détournées
des services sociaux de base. Et si le système sanitaire s’avère déficient,
par exemple, ce sont les femmes et les enfants qui en souffrent plus.
De même, si les hommes perdent leurs emplois à cause des privatisations,
les femmes doivent se “multiplier” pour nourrir les familles. Qui plus
est, les enfants ne vont pas à l’école, diagnostique-t-il.
De nombreuses femmes ont défile à la barre pour porter à la connaissance du
jury et du public les difficultés que leur réserve la vie. Shallo
Skaba, une paysanne éthiopienne a dépeint
le vécu précaire que la chute
des prix du café impose à sa communauté. “C’est comme si quelqu’un d’autre
profite du café à notre place. Ce sont les femmes qui souffrent beaucoup
de cette situation parce que nous portons le fardeau de la famille”,
confie-t-elle.
Bréhima Tour