AFRIQUE
2007 EN PERSPECTIVE
« Un Fsm à l’image des peuples
africains »
(31/01/2005)
FSA«En 2007, nous voulons vivre un Forum social
mondial à l’image des peuples africains.
Nous voulons vivre ensemble leurs difficultés.
Nous voulons rencontrer un peuple africain festif.
Nous ne voulons par dormir dans les grands hôtels
comme le Sheraton. Nous voulons dormir là où
le peuple africain est. Nous voulons rencontrer les
mouvements paysans…» Bernard Pinaud du
Crid (France) exprime ainsi ses attentes par rapport
au Forum social mondial que l’Afrique accueille
en 2007. Une intervention faite dans le cadre des
«échanges sur le Forum social mondial
en Afrique 2007 », organisé hier.
Loin d’être un débat
entre Africains, la rencontre était élargie
aux autres Forums sociaux. Ainsi, outre Taoufik Ben
Abdallah, du Secrétariat Forum social africain,
de Boubacar Diop, président du Collectif des
Ong africaines pour le développement (Sénégal)
et de Trevor Ngwaane de Anti-Privatisation Forum (Afrique
du Sud), il y avait Nandita Shah de l’Inde,
Antonio Martins du Secrétariat international
du Forum social mondial, ou encore Bernard Pinaud
du Crid.
L’organisation du Forum social
mondial en Afrique en 2007 est une réalité.
Le conseil international du Fsm en a décidé
ainsi depuis sa réunion des 24 et 25 janvier,
en prélude à ce rendez-vous de Porto
Alegre. Certes le pays qui doit l’abriter n’est
pas encore connu, mais déjà, les acteurs
de ce grand rassemblement s’interrogent sur
les attentes du Fsm à nourrir en direction
de l’Afrique. Au niveau du Secrétariat
Fsa les travaux de définition de critères
avancent, précise Taoufik Ben Abdallah. «Certaines
candidatures sont reçues et d’autres
sont en attente», confie-t-il. Faisant aussi
savoir qu’à l’instar du Brésil
et de l’Inde qui ont su marquer le Forum social
mondial, «l’Afrique doit donner une marque
au Fsm 2007». A ce propos, les grandes décisions
seront prises «de façon assez large»,
poursuit M. Ben Aballah, en indiquant qu’il
est envisagé déjà des rencontres
et des séminaires à organiser à
court terme à cet effet.
D’ores et déjà,
Boubacar Diop avance que l’Afrique doit être
le tombeau du capitalisme. Pour lui, «le continent
africain a le plus payé pour l’expansion
du capitalisme et par conséquent doit être
sont point final». De la tenue du Forum social
mondial en 2007, Trevor Ngwaane attend «une
Afrique unie, une Afrique qui reconstruit les bases
syndicales, une Afrique qui renforce les bases des
mouvements sociaux pour la paix, une Afrique qui remet
en cause l’idéologie capitaliste, une
Afrique qui montre au monde « qu’un autre
monde est possible et qu’un autre système
est possible».
Un certain enthousiasme entoure déjà
ce Fsm prévu en Afrique. «De toutes les
décisions prises à Porto Alegre, la
confirmation du choix de l’Afrique pour abriter
le Forum social mondial en Afrique en 2007 est la
plus importante», s’exclame ainsi M. Antonio
Martins du Brésil. Pour lui, il y a sens politique
à voir dans cette décision. Le Forum
social indien, qui en 2004 avait tenté et réussi
le pari de délocaliser le forum de Porto Alegre,
se dit prêt à apporter sont expertise
aux Africains, «pourvu qu’ils expriment
leurs besoins», souligne Nandita Shah. Un appui
qui s’inscrit dans «la construction d’une
alliance entre l’Afrique et l’Asie»
proposée par ce dernier.