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Forum Social Africain
Conakry 2005

PARTICIPATION AFRICAINE
Sous le signe des résistances populaires et alternatives

(28/01/2005)


FSA - La participation africaine à ce 5e Forum social africain entre dans sa phase active ce 28 janvier. Au-delà des interventions de certains participants dans les différents qui se déroulent depuis le 25 janvier, la «touche africaine» va devenir plus marquante avec l’entrée en lice du Forum social africain.

Les différentes manifestations qui s’échelonnent à partir de ce vendredi vont s’articuler autour d’une restitution de la dynamique du Forum social africain. Ceci à travers différentes activités mettant en relief les thèmes prioritaires. Parmi ceux-ci, les «résistances populaires et les alternatives démocratiques au néo-libéralisme». Au dernier Forum social africain de Lusaka, en décembre dernier, la question avait l’objet de discussions pour identifier les pistes d’affirmation de «la souveraineté des peuples». L’économiste égyptien Samir Amin, coordinateur du Forum du Tiers monde, soulignait alors que «l’ordre international ne peut être fondé sur autre chose que sur la reconnaissance de la souveraineté des nations et le droit international». Et d’ajouter que “la souveraineté des nations a été trop souvent comprise, malheureusement, comme la souveraineté des États représentés par leurs gouvernements qui sont censés, à leur tour, représenter leurs peuples».

Le débat continue donc pour les Africains, à Porto Alegre, au contact d’autres expériences qui n’ont pas manqué d’être fécondes ailleurs dans le monde, dans des contextes guère différents de ceux vécus par les Africains. A ce propos, M Amin s’était montré catégorique et provocateur : «Le peuple vietnamien n’était pas riche quand il a mené sa guerre pour la souveraineté. On essaye d’abêtir les pauvres, mais ils ne sont pas nécessairement bêtes».

Autre temps fort de cette participation africaine, le Tribunal des femmes qui se tient demain 29 janvier est aussi une continuation d’un débat lancé à Lusaka . Le Conseil du Forum social africain tenu l’année dernière au Caire avait demandé de l’inscrire parmi les priorités du Secrétariat. Dans la capitale zambienne, les témoignages, tout comme le réquisitoire devant les «juges» avaient été lourds pour traduire le vécu des Africaines. Et pour changer l’ordre politique, économique et social qui les asservit, Corinne Kumar, une participante au Forum appelait à «écouter les voix du rejet du silence qui a pérennisé les pouvoirs hégémoniques». En somme les voix des femmes.

Les jugements avaient été sévères contre le fardeau de la dette et ses implications dans le déficit de politiques sociales (santé, assainissement, accès à l’eau, accès à l’éducation, etc.), dont souffrent les femmes. Mais aussi du commerce mondial inégal. Paysanne éthiopienne, Shallo Skaba s’était adressée pour parler de l’impact de la chute des prix du café sur sa communauté. “C’est comme si quelqu’un d’autre profite du café à notre place, disait-elle. Et ce sont les femmes qui souffrent beaucoup de cette situation parce que nous portons le fardeau de la famille”, confie-t-elle. Membre du Forum social africain, Rabia Abdelkrim posait alors, in fine, l’exigence de «créer une autre économie de la vie pour la vie».

Au-delà de ces questions, ce Fsm est aussi l’occasion pour les Africains de se mettre dans la dynamique de préparation du rendez-vous de 2007. La candidature africaine étant confirmée par le Conseil international, le processus démarre. Et sans doute que la rencontre dite «Dialogue sur le Forum social mondial 2007 en Afrique» peut aider à mieux baliser le chemin. Et surtout à tisser les solidarités dont le Fsa aura besoin pour relever les défis qui l’attendent. Dans ce Dialogue qui se tient le 30 janvier, il est justement question d’«interactions avec les mouvement afro-brésiliens». A Mumbai, au moment où la candidature africaine pour 2007 commençait à se dessiner, il était déjà question de solidarité sud-sud, entre les mouvements sociaux indiens, brésiliens et africains.

A noter que l’Afrique, dans ce Fsm 2005, c’est aussi des représentants d’organisations africaines de jeunes qui participent au campement des jeunes, alors que la dimension culturelle est assurée par participation d’une dizaine de musiciens qui vont se produire. Un stand africain existe aussi comme «espace de rencontres et de convivialité».


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