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Documentation sur le Forum Social Mondial
Mumbai 2004




Alternative à la privatisation de l’eau : mettre les populations dans le bain

Panos infos / Syspro2 - La gestion de l’eau était au centre d’un panel thématique animé samedi, dans le cadre du Forum social mondial qui se tient du 16 au 21 janvier à Mumbai (Inde), par Corporate Europe Observatory, une organisation européenne qui intervient dans ce secteur. Si l’événement a attiré une forte participation, l’absence des représentants africains à ce débat ne reflète guère la dimension vitale de la question de l’eau en Afrique. Tout comme elle n’est pas à la mesure de l’importance qu’on semble lui donner au sein du mouvement social africain. Ceci, compte tenu des enjeux que pose l’accès des populations à l’eau potable, du fait surtout du désengagement progressif des Etats des services sociaux de base au profit des compagnies de grandes sociétés du Nord. En effet, dans nombre de pays africains, la gestion de l’eau a cessé d’être un domaine de souveraineté nationale, du fait des politiques de privatisation.

Il se dégage des échanges entre les participants du panel de samedi dernier, que cette question de l’eau se pose avec acuité dans toutes les parties du monde. Même, si les enjeux qu’elle comporte diffèrent d’une région à l’autre. Devant ce constat, seule une forte responsabilisation des populations par rapport à sa gestion peut permettre de sortir de l’ornière, soutient-on. Pour David Boys, un syndicaliste européen, "le problème est si vaste aux plans humains et écologique qu’il faut chercher à le solutionner à l’échelle internationale. Il faut que les gestionnaires du service public participent aux débats sur la politique de l’eau, au niveau de la Banque mondiale et des autres organismes qui prétendent développer cette politique. Au niveau national, il faut aussi de la volonté politique et une volonté des citoyens à se mobiliser pour assurer que les gouvernements dépensent assez d’argent pour l’eau. Et non peut-être pour le militaire ou autre chose".

La privatisation du secteur de l’eau, imposée aux Etats par les institutions finançières internationales, a montré ses limites. Les investissements annoncés par les repreneurs stratégiques n’ont pas suivi. Ce sont plutôt les coûts d’accès à cette ressource vitale qui ont augmenté, fermant son accès à de larges couches de populations démunies. Mais il n’y a rien de surprenant à cela, si l’on s’en tient à l’analyse de David Boys, qui pense "qu’il y aura de moins en moins d’investissements du secteur privé, parce que les multinationaux ne peuvent plus continuer à garantir leurs profits. Suez et Vivendi (des multinationales françaises, ndlr) l’ont dit. En raison des pressions sur leurs budgets, ils vont réduire leurs investissements". Au demeurant, précise-t-il, "quand on parle d’investissements, ce ne sont pas les fonds de l’entreprise qui sont utilisés mais ce sont presque toujours les fonds publics". Tout au plus, le syndicaliste européen pense que ces investisseurs iront "dans des pays oú il n’y a pas de démocratie, oú il n’y a pas de résistance publique et oú les gouvernements vont leur garantir le profit pour servir les riches qui sont déjà lá".

Rédigé par Syspro 2

 

 

 

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