Panos
infos / Syspro2 - La gestion de l’eau était
au centre d’un panel thématique animé samedi, dans le
cadre du Forum social mondial qui se tient du 16 au 21
janvier à Mumbai (Inde), par Corporate Europe Observatory,
une organisation européenne qui intervient dans ce secteur.
Si l’événement a attiré une forte participation, l’absence
des représentants africains à ce débat ne reflète guère
la dimension vitale de la question de l’eau en Afrique.
Tout comme elle n’est pas à la mesure de l’importance
qu’on semble lui donner au sein du mouvement social africain.
Ceci, compte tenu des enjeux que pose l’accès des populations
à l’eau potable, du fait surtout du désengagement progressif
des Etats des services sociaux de base au profit des compagnies
de grandes sociétés du Nord. En effet, dans nombre de
pays africains, la gestion de l’eau a cessé d’être un
domaine de souveraineté nationale, du fait des politiques
de privatisation.
Il se dégage des échanges entre les participants
du panel de samedi dernier, que cette question de l’eau
se pose avec acuité dans toutes les parties du monde.
Même, si les enjeux qu’elle comporte diffèrent d’une région
à l’autre. Devant ce constat, seule une forte responsabilisation
des populations par rapport à sa gestion peut permettre
de sortir de l’ornière, soutient-on. Pour David Boys,
un syndicaliste européen, "le problème est si vaste aux
plans humains et écologique qu’il faut chercher à le solutionner
à l’échelle internationale. Il faut que les gestionnaires
du service public participent aux débats sur la politique
de l’eau, au niveau de la Banque mondiale et des autres
organismes qui prétendent développer cette politique.
Au niveau national, il faut aussi de la volonté politique
et une volonté des citoyens à se mobiliser pour assurer
que les gouvernements dépensent assez d’argent pour l’eau.
Et non peut-être pour le militaire ou autre chose".
La privatisation du secteur de l’eau, imposée
aux Etats par les institutions finançières internationales,
a montré ses limites. Les investissements annoncés par
les repreneurs stratégiques n’ont pas suivi. Ce sont plutôt
les coûts d’accès à cette ressource vitale qui ont augmenté,
fermant son accès à de larges couches de populations démunies.
Mais il n’y a rien de surprenant à cela, si l’on s’en
tient à l’analyse de David Boys, qui pense "qu’il y aura
de moins en moins d’investissements du secteur privé,
parce que les multinationaux ne peuvent plus continuer
à garantir leurs profits. Suez et Vivendi (des multinationales
françaises, ndlr) l’ont dit. En raison des pressions sur
leurs budgets, ils vont réduire leurs investissements".
Au demeurant, précise-t-il, "quand on parle d’investissements,
ce ne sont pas les fonds de l’entreprise qui sont utilisés
mais ce sont presque toujours les fonds publics". Tout
au plus, le syndicaliste européen pense que ces investisseurs
iront "dans des pays oú il n’y a pas de démocratie, oú
il n’y a pas de résistance publique et oú les gouvernements
vont leur garantir le profit pour servir les riches qui
sont déjà lá".
Rédigé par Syspro 2