Panos Infos - Les chiffres
sont de l’organisation britannique Oxfam : plus de
trois millions de civils ont été tués ou sont morts de
faim ou de maladie à cause du conflit armé en République
démocratique du Congo, depuis août 1998. Malgré toute
la misère de la population, de nombreux pays ont continué
à fournir des armes à l’ex-Zaire. Des pays comme la France,
l’Allemagne, le Royaume Uni, l’Espagne, la Russie, la
Chine, les Etats Unis... mais aussi africains, puisqu’il
est question de la complicité des gouvernements du Zimbabwé,
de l’Ouganda ou du Rwanda. Dans le même temps, Oxfam attire
l’attention sur la chute de la valeur d’une mitrailleuse
au Kenya. En 1967, son prix équivalait à 60 bœufs, avant
de passer à 15 boeufs en 1986. Aujourd’hui, elle équivaut
à cinq boeufs.
C’est pour parler de cette réalité et de la
nécéssité du contrôle du commerce des armes, entre autres
questions, que Mme Mary Robinson, ancienne présidente
de l’Irlande et ex-commissaire des Nations-Unies pour
les Droits de l’homme, est venue participer au quatrième
Forum social mondial de Mumbai (Inde), qui se tient du
16 au 21 janvier. Présidente d’honneur d’Oxfam Uk, Mme Robinson
a constaté, lors de la conférence qu’il a animé, que les
Etats africains continuent à gaspiller des millions dans
l’achat d’armes, avant de les interpeller : "Pourquoi
gaspillez-vous autant d’argent alors que les problèmes
d’eau et de nourriture continuent de se poser ?"
Pour Mme Robinson, le changement de cette situation
passe par une action globale. Car le commerce des armes
n’est pas l’affaire d’un pays, mais de la communauté internationale.
"Ce Forum social mondial peut interpeller les gouvernements",
lance-t-elle.
S’il est un gouvernement africain qui n’a
pas besoin d’une telle interpellation, c’est bien celui
du Mali, qui "a été le premier à exprimer son soutien
au traité et continue d’être très actif, notamment en
essayant de connaître combien d’armes circulent dans le
pays ou de jouer un rôle dans ce sens dans la sous-région",
commente Anna McDonald, autre membre d’Oxfam. Le Mali
est un des soixante-quatre pays dans le monde où l’Ong
mène des actions pour le contrôle des armes. "En plus
des morts, les armes posent d’autres gros problèmes en
Afrique comme les réfugiés, les enfants soldats. Nous
disons ça suffit. C’est ce que les Africains qui participent
à nos actions sur le terrain disent à leurs compatriotes",
souligne Macdonald. C’est aussi ce que Mme Robinson
dira au Forum de Davos, où elle se rendra après celui
de Mumbai.
Rédigé par Vladimir MONTEIRO