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Coalition
des mouvements du Sud :
retour à l’esprit du Non-alignement
Syspro / Panos Infos - On s’achemine
vers la création d’une coalition des mouvements sociaux
du Sud. Une rencontre d’échange d’idées
allant dans ce sens a été organisée dans
l’après-midi du lundi 19 janvier par le Forum social
africain, dans le cadre du Forum social mondial. L’activité
a enregistré la participation de plusieurs personnalités
des forums sociaux latino-américain et indien, et pour
l’un des responsables du Forum social africain, Taoufik
Ben Abdallah, il s’agissait de "trouver le mode operatoire
pour batir les alliances entre les mouvements sociaux latino-americains,
africains et asiatiques". Le cadre ainsi campé, les
différents orateurs qui se sont succédé ont
salué l’initiative et tenté de démontrer
en quoi la création d’une telle coalition était
nécessaire pour le succès des mouvements sociaux
du sud. Une nécessité que l’histoire justifie
par ailleurs, ainsi que le souligne la Malienne Aminata Traoré.
"Cette solidarité (entre l’Afrique, l’Asie
et l’Amérique latine) s’inscrit dans une logique
déjà ancienne, remontant aux années 1950-60
et après les indépendances, quand, dans le cadre
du Mouvement des non -alignés et dans le débat sur
le nouvel ordre économique mondial, nos pays rêvaient
de fédérer leurs efforts pour tenir tête aux
anciennes puissances coloniales, qui sont parties par la porte
et qui sont revenues par la fenêtre. Malheureusement ces
résistances n’ont pas reçu le soutien nécessaire
des masses populaires, d’où leur échec",
constate-t-elle. Dans le même registre, Walden Bello, de
Global South, a tenu à souligner que "si le Mouvement
des non-alignés des années 1960-70 n’a pas
été actif, c’est parce qu’il n’était
pas l’expression d’une solidarité à
la base. C’est ça qui lui a manqué pour bénéficier
du soutien des mouvements populaires. Il nous faut donc tirer
des leçons du passé et prendre exemple sur la manière
dont le Forum social mondial est organisé pour revoir le
problème du corpus tri-continental, et arriver à
ce que les Africains, les Latino-Américains et les Asiatiques
puissent faire face aux gouvernements qui ne font que les couler".
Pour parvenir à créer cette synergie, Geraldo Fontes
du Mouvement des sans terres préconise de "tirer les
leçons du processus mené depuis le premier forum
de Porto Alegre (en 2001) et se dire que le forum doit être
un espace ouvert pour des débats plus fructueux. Il faut
arriver à créer un agenda commun et mobiliser d’autres
forces ; il faut créer les conditions pour s’opposer
à la guerre, combattre le néolibéralisme,
le capitalisme et consolider les relations", prône-t-il.
Quant à Vandana Shiva, du Forum social indien, elle souhaite
"une solidarité des peuples par les peuples et non
par les gouvernements". "Mais il faut surtout continuer
la mobilisation", estime Walden Bello. Selon lui, "ceux
qui sont représentés ici, au Forum social mondial
de Mumbai, ne constituent qu’un échantillon limité
de la réalité. Il y a un travail à continuer
et l’assemblée devrait arriver à créer
un corpus des mouvements sociaux du Tiers monde pour partager
nos expériences", conclut-il.
Rédigé par Ousseini ISSA
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