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Le
Forum Social Mondial en Afrique :
accueil favorable pour le projet
Syspro / Panos Infos - L’idée
avait été avancée à l’occasion
de la conférence préalable à l’ouverture
de ce Forum social mondial. Et parmi les délégués
africains, la perspective d’accueillir le Forum social monde
suscite un réel enthousiasme. Dans les différentes
opinions recueillies à ce sujet par Flamme d’Afrique,
on voit les opportunités qu’offriraient un tel rassemblement
en Afrique. Mais aussi les contraintes liées à son
organisation.
TAOUFIK
BEN ABDALLAH, Membre du secrétariat du Fsa
"L’occasion de mieux intégrer le mouvement alternatif"
"C’est faisable et c’est souhaitable. L’Afrique
doit chercher à accueillir le Forum social mondial pour
plusieurs raisons. D’abord cela nous pousserait à
mieux nous organiser et à mieux intégrer le mouvement
alternatif. Ensuite, l’Afrique étant le continent
le plus vulnérable, elle pourrait mieux se faire entendre
pour que le monde entier prenne conscience de l’ampleur
des problèmes de notre continent. Nous allons aborder la
question de la candidature de l’Afrique lors de la réunion
du conseil international du Forum social mondial, les 22 et 23
janvier 2004. Pas mal d’organisations d’autres continents
sont déjà acquis à la candidature de l’Afrique.
Il appartient maintenant à l’Afrique de s’organiser
pour relever le défi de l’organisation. Il s’agira
de mobiliser le maximum d’organisations africaines dans
la perspective de la tenue du Forum social mondial en Afrique."
GILBERT
WISERMANN, Alter mondialiste français
"Un grand porte-voix pour l’Afrique" "On
serait content d’aller en Afrique pour une édition
du Forum social mondial. Si l’Afrique accueillait cet évènement,
ce serait une bonne occasion pour développer davantage
le mouvement social sur ce continent qui en a tant besoin. Ce
serait un porte-voix pour véhiculer dans le monde entier
des messages sur les difficultés qui pèsent sur
l’Afrique. L’occasion est bonne pour les Africains
d’exposer à la face du monde toutes les conséquences
néfastes de la mondialisation. Cela va donner une reconnaissance
internationale au mouvement social africain qui fait déjà
beaucoup de choses dans des conditions tres difficiles."
MAME
KADIATOU SOW, Mouvement social guinéen
"Une occasion pour mieux informer les Africains" "C’est
l’occasion rêvée pour faire connaître
au maximum d’Africains les enjeux de la mondialisation.
Parce que c’est un petit nombre de personnes qui ont pris
conscience du danger et qui s’agitent, au grand étonnement
de la grande masse. Si les Africains voient toute cette mobilisation,
ça leur permettra de comprendre que le danger est réel
et qu’il ne s’agit d’une histoire de groupuscules
d’extrémistes qui s’agitent juste pour déranger
les gens. Cela se traduira par un changement de comportement qui
donnera beaucoup plus de capacité de mobilisation aux mouvements
sociaux dans les pays africains. J’espère que ça
amènera les autorités à changer leur façon
de gouverner pour donner un peu plus de place à la liberté
d’expression. En Guinée, par exemple, il est impossible
de manifester sans voir débarquer des policiers pour réprimer
les gens. Davantage d’espace de liberté d’expression
renforce le dialogue dont l’absence est à l’origine
de nombreux conflits en Afrique. Je pense que les pays maghrébins,
ainsi que l’Afrique du sud ou le Nigeria pourraient accueillir
une telle manifestation. Parce que le problème des infrastructures
se pose dans beaucoup de pays africains."
MENSAH
TODZRO, Mouvement des amis de la terre (Togo)
"S’inspirer de l’expérience indienne"
"Trois pays sont capables d’accueillir le Forum social
mondial en Afrique. Je pense à l’Afrique du sud,
au Kenya et au Sénégal. Les Africains pourraient
s’inspirer de l’expérience de l’Inde
qui a utilise en masse les matériaux locaux pour la construction
des infrastructures. Nous sommes capables de faire la même
chose. Si la manifestation se tenait en Afrique francophone, ça
permettrait de briser un peu la marginalisation dont souffre la
langue française. Si nous accueillons tout ce beau monde
sur notre continent, ce serait l’occasion de mettre l’accent
sur les difficultés de l’Afrique. En faisant connaître
à beaucoup de gens nos problèmes, je crois que le
monde entier prendra conscience du martyr de l’Afrique."
IBRAHIM
COULIBALY, Leader paysan (Mali)
"Le problème d’infrastructures se pose"
"Un Forum social mondial en Afrique permettrait de mobiliser
davantage les gens autour des questions liées à
la mondialisation. Mais il faut reconnaître qu’il
y a un problème d’infrastructures qui risque de se
poser. Il faut beaucoup d’hôtels, des moyens de transport
suffisants. Et même l’imprimerie est un problème
auquel il faut penser. Regardez toute la littérature qui
est imprimée à l’occasion du forum. S’il
n’y a pas assez d’imprimeries, les gens ne pourront
pas faire passer leurs messages comme ils le souhaitent. En dehors
des problèmes d’infrastructures, les organisations
africaines devront mieux s’organiser pour accueillir un
tel événement. Je pense que les pays de l’Afrique
du Nord peuvent accueillir l’événement. Il
y a aussi l’Afrique du sud, le Nigeria et le Kenya.
Mis
à jour le 21 janvier 2004 - Rédigé par Bréhima
TOURE
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