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Documentation sur le Forum Social Mondial
Mumbai 2004




Arrêt des subventions agricoles : le coton qui cache... la noix de cajou


Syspro2 / Panos Infos - Il y a les produits dont on parle beaucoup, comme le coton produit par le Mali ou le Burkina Faso, victimes des subventions accordées aux agriculteurs du Nord et interdites par les organisations financières internationales pour ceux du Sud. Et puis il y a les autres qui, sans mobiliser autant de monde à l’occasion des grandes réunions internationales comme celle l’Organisation mondiale du commerce (Omc), tenue en septembre dernier à Cancun, au Mexique, affectent aussi les agriculteurs africains. La noix de cajou fait partie de ces produits. "Jusqu’au milieu des années 90, la noix de cajou a été l’un des principaux produits d’exportation du Mozambique. En plus, tout le monde en profitait, du paysan au commerçant", explique Viriato Tamele, membre de l’organisation Coalition pour la justice économique. C’était avant l’arrivée de la Banque mondiale et sa politique de libéralisation du secteur. Selon ce responsable de l’Ong mozambicaine, les résultats ne se sont pas fait attendre : "La politique de la Banque mondiale a entraîné la perte de dix mille postes de travail, des usines ont étéfermé alors que des villes entières comme Angoche, ont perdu tout dynamisme". Dans cette ville, quatre usines ont mis la clé sous porte. Des raisons suffisantes pour poser le problème au Forum social mondial de Mumbai, qui prend fin ce 21 janvier, où les militants pour "un monde meilleur" ont fait de la libéralisation économique prônée par les instituitions de Bretton Woods une de leurs cibles. En plus du Mozambique, d’autres pays africains comme la Tanzanie et la Guinée-Bissau sont touchées par la crise dans le secteur de la noix de cajou. "Nous saisissons cette occasion pour dire au monde la douleur des Mozambicains suite à la libéralisation imposée par la Banque mondiale et sensibiliser l’opinion publique sur les dangers de cette politique", soutiennent des militants mozambicains qui ont eu à participer à un panel sur l’impact de la mesure prise par l’institution de Bretton Woods. Pour les militants mozambicains, le forum de Mumbai est aussi l’occasion de savoir à quel point "l’Inde a été responsable du déclin du secteur du cajou". "Certains secteurs de la société mozambicaine pensent que l’Inde aurait fait du lobbying sur la Banque mondiale pour qu’elle pousse le Mozambique à libéraliser l’exportation de la noix de cajou afin de renforcer son industrie et ainsi assurer le monopole de l’exportation de l’amende de cajou", lit-on dans un document présenté par les militants mozambicains. Aujoud’hui, le secteur du cajou du Mozambique, cherche à décoller, notamment en revitalisant l’industrie. Curieusement, cette politique de récuperation à l’appui de la Banque mondiale. "C’est juste un appui limité. Il ne s’agit pas de revenir à la situation d’avant-libéralisation", précise Viriato Tamele.


Vladimir MONTEIRO

 

 

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