Arrêt des subventions
agricoles : le coton qui cache... la noix de cajou
Syspro2
/ Panos Infos
- Il y a les produits dont on parle beaucoup, comme le coton
produit par le Mali ou le Burkina Faso, victimes des subventions
accordées aux agriculteurs du Nord et interdites
par les organisations financières internationales
pour ceux du Sud. Et puis il y a les autres qui, sans mobiliser
autant de monde à l’occasion des grandes réunions
internationales comme celle l’Organisation mondiale
du commerce (Omc), tenue en septembre dernier à Cancun,
au Mexique, affectent aussi les agriculteurs africains.
La noix de cajou fait partie de ces produits. "Jusqu’au
milieu des années 90, la noix de cajou a été
l’un des principaux produits d’exportation du
Mozambique. En plus, tout le monde en profitait, du paysan
au commerçant", explique Viriato Tamele, membre
de l’organisation Coalition pour la justice économique.
C’était avant l’arrivée de la
Banque mondiale et sa politique de libéralisation
du secteur. Selon ce responsable de l’Ong mozambicaine,
les résultats ne se sont pas fait attendre : "La
politique de la Banque mondiale a entraîné
la perte de dix mille postes de travail, des usines ont
étéfermé alors que des villes entières
comme Angoche, ont perdu tout dynamisme". Dans cette
ville, quatre usines ont mis la clé sous porte. Des
raisons suffisantes pour poser le problème au Forum
social mondial de Mumbai, qui prend fin ce 21 janvier, où
les militants pour "un monde meilleur" ont fait
de la libéralisation économique prônée
par les instituitions de Bretton Woods une de leurs cibles.
En plus du Mozambique, d’autres pays africains comme
la Tanzanie et la Guinée-Bissau sont touchées
par la crise dans le secteur de la noix de cajou. "Nous
saisissons cette occasion pour dire au monde la douleur
des Mozambicains suite à la libéralisation
imposée par la Banque mondiale et sensibiliser l’opinion
publique sur les dangers de cette politique", soutiennent
des militants mozambicains qui ont eu à participer
à un panel sur l’impact de la mesure prise
par l’institution de Bretton Woods. Pour les militants
mozambicains, le forum de Mumbai est aussi l’occasion
de savoir à quel point "l’Inde a été
responsable du déclin du secteur du cajou".
"Certains secteurs de la société mozambicaine
pensent que l’Inde aurait fait du lobbying sur la
Banque mondiale pour qu’elle pousse le Mozambique
à libéraliser l’exportation de la noix
de cajou afin de renforcer son industrie et ainsi assurer
le monopole de l’exportation de l’amende de
cajou", lit-on dans un document présenté
par les militants mozambicains. Aujoud’hui, le secteur
du cajou du Mozambique, cherche à décoller,
notamment en revitalisant l’industrie. Curieusement,
cette politique de récuperation à l’appui
de la Banque mondiale. "C’est juste un appui
limité. Il ne s’agit pas de revenir à
la situation d’avant-libéralisation",
précise Viriato Tamele.
Vladimir MONTEIRO