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FARDEAU DE 4 dollars pour la santé,
14 dollars pour la dette Analyste politique au sein de l’Ong Jubilee Zambia, Jack Jones Zulu,
est retourné à l’ancien président tanzanien
Julius Nyerere pour s’inspirer. Et lâcher : «Les
gouvernants corrumpus ne se soucient pas de la lutte contre la pauvreté…».
Une citation qui, pour le conférencier qui se penchait hier sur
la problématique de la dette, devait servir de lien entre le
combat pour l’annulation de ce fardeau et la nécessaire
promotion de la bonne gouvernance. Un état des lieux sur l’endettement
de l’Afrique serait instructif, souligne M. Zulu, devant le 300
milliards de dollars que le continent traîne à son passif. Dans le fardeau de cette dette, il faudrait ainsi voir des facteurs exogènes
comme la flambée des prix du pétrole. Ou encore les legs
du régime d’apartheid à ses successeurs en Afrique
du sud. Et si l’Afrique paye depuis le début des années
1980, elle reste redevable de 11% du total de la dette du Tiers monde.
Dans le cercle vicieux où ils se trouvent enserrés, les
pays africains déboursent chaque année 15 milliards de
dollars pour le service de la dette. Ce qui représente quatre
fois le budget consacré aux secteurs de la santé et de
l’éducation. De manière concrète, «le
citoyen africain consacre 4 dollars à ses dépenses de
santé et rembourser 14 dollars pour la dette». On se retrouve
donc face à un des ressorts de la pauvreté, dans un continent
où plus de la moitié de la population globale (650 millions
d’habitants) vit avec moins d’un dollar par jour. Les taux
de scolarisation ou d’accès aux soins de santé et
à l’eau potable baissent de manière constante, de
même que l’espérance de vie. En Zambie celle-ci est
passée de 54 à 37 ans ces dernières années
et au Zimbabwé de 61 à 54 ans. Les professions de foi qui émanent du Nord dans la bataille contre
la dette ne laissent point grand espoir. La réunion de Cologne
qui avait promu l’annulation de la dette de l’Afrique à
hauteur de 100 milliards de dollars s’est révélée
être un bluf. Seuls 12 milliards ont été rayés,
au même moment l’endettement se poursuit de plus belle.
«A un rythme de 20 milliards par an». Après le diagnostic,
il faut bien des remèdes. Rendez-vous est pris pour le panel
de lundi prochain, où il sera question des alternatives en vue
du règlement définitif de la question de la dette. Sékouba Savane
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