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Forum Social Africain

 

 

 

Index  /  Lusaka 2004

 

 


PRESTATIONS MUSICALES

La beauté des chants, la force des textes

Le choix des groupes zambiens qui se sont succédé sur la scène du Mulugushi International Conférence Centre, pour la  cérémonie d’ouverture du troisième Forum social africain ne tient pas seulement à leur talent ou au pittoresque de leurs tenues de scène. Certes les plumes d’autruche ornant les couvre-chefs des batteurs du groupe Zubanimoto, les déhanchements des danseuses de “matientia” et les couleurs bariolées des costumes des artistes renvoyant à la tradition zambienne étaient un plaisir pour les yeux, mais le plus captivant est dans ce que traduisaient les chants. Dans cette complainte d’un homme pauvre, comme ces dizaines de millions d’autres Africains qui luttent chaque jour pour survivre, privés qu’ils sont de leurs droits les plus élémentaires.  

Pas étonnant qu’un tel discours soit véhiculé par les musiciens de Zubanimoto. Le groupe est en effet la section chorégraphique d’une organisation communautaire de base, Kamota. Etablie à Lusaka elle sensibilise les populations sur des questions de développement liées à l’agriculture, à la dette, aux politiques du gouvernement, etc. Une sensibilisation qui se fait essentiellement à travers le théâtre. 

Pas étonnant non plus de retrouver les Sakala Brothers à l’ouverture de ce troisième Forum social africain. Ils n’en sont pas à leur premier engagement aux côtés du mouvement social. En janvier dernier, lors du Forum social mondial à Mumbai, ils battaient ainsi campagne avec l’Ong Oxfam, pour un commerce plus équitable dans le monde. A leur retour en Zambie, on les a vus auprès des producteurs de coton, de café et de canne à sucre afin de traduire leurs préoccupations en chansons. Pour l’un des frères Sakala, “le Forum social africain devrait mettre des artistes de toutes les régions du continent ensemble, pour qu’ils portent tous ensemble le message aux peuples d’Afrique”. Hier, les morceaux qu’ils ont proposés à une assistance conquise appelaient à l’action pour vaincre le commerce inéquitable, freiner voire inverser la courbe de progression du sida, mettre fin à la corruption, etc.

 

 

 

Une Autre Afrique est Possible