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Social Africain |
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Lancement
de la campagne L’ONG panafricaine, Africa Trade Network, a procédé hier au lancement officiel de sa campagne contre l’élimination des APE, acronyme désignant ces accords de partenariats économiques qui lient les ACP (Afrique-Caraibes-Pacifique) à l’Union européenne dans le cadre des accords de Cotonou. Il s’agit, selon un slogan bien popularisé ici, au Forum de Lusaka, d’ameuter les Africains, pour « protéger l’agriculture, l’industrie et l’accès aux services sociaux et aux médicaments essentiels ». Puisque ces APE conçus pour, dit-on, adapter les relations commerciales UE-ACP au nouveau contexte de l’OMC ne convainquent guère chez les altermondialistes. Surtout quand les nouveaux accords commerciaux qu’ils représentent n’auront pour fondement que les initiatives d’intégration régionale des ACP ». Ce que redoutent les altermondialistes, c’est que l’Union européenne ne profite de ces APE pour imposer à l’Afrique des conditions d’échanges commerciaux que celle-ci a refusé de négocier au sein de l’OMC. En fait si les négociations en cours se poursuivent l’Europe pourrait ainsi royalement s’installer sur les marchés africains. Taoufik Ben Abdallah, l’un des conférenciers exprime-t-il ainsi sa crainte de voir les APE changer totalement la nature de l’intégration régionale de nos Etats. Ainsi les organisations régionales conçues pour défendre des intérêts collectifs des citoyens ne serviront plus que des groupes d’intérêts. Cela d’autant plus « qu’en tenant compte même du dispositif de ces APE, on se rend compte qu’ils ouvrent la compétition entre les pays d’une même sous-région. C’est à dire entre PMA et non PMA qui ont des instruments d’accès au marché tout à fait divergents », dit-il. A partir du moment où grâce à ces APE engagent « une course effrénée » entre les Etats-Unis et l’Europe pour renforcer leur influence sur les régions économique de certains ensembles comme l’Afrique, Taoufik n’est pas étonné du tout que l’UE veuille prendre l’UEMOA comme un de ses maillons. Et ce n’est pas Fofana Bakary, un autre paneliste sur la question qui dira le contraire. Pour lui, « les APE empêcheront nos produits de circuler entre nos propres Etats. Déjà, au sein de la CEDEAO par exemple, les échanges inter-Etats font à peine 8% contre 90% vers l’étranger. Dans l’éventualité d’une large ouverture de nos marchés à l’Europe, il y a fort à parier que nous soyons pris en otage et davantage dominés par les politiques néolibérales ». D’après Aurelie, une étude d’impact a récemment montré au Bénin que les échanges avec l’UE a eu pour résultat de rétrécir le marché de ce produit plutôt que de favoriser son expansion. Quand Mohau Pheko, la Sud-africaine déclare qu’ «
il faut restructurer ou refuser ces accords », ça veut
dire tout simplement que l’équation APE est loin d’être
résolue au Forum social. Et trouver une alternative en la matière
ne saurait être aisée. Du moins à en croire le ghanéen
Hassan Sunmonu pour qui si « l’Afrique a réussi son
unité politique, il lui reste beaucoup à faire pour son
intégration et son indépendance politique ». L’espoir
n’est pourtant pas perdu. Puisque l’éducation des
peuples africains en vue d’une levée de boucliers semble
rassurer aussi bien les panelistes que les intervenants. |
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