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Forum Social Africain

 

 

 

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CONFERENCE DU SECRETARIAT DU FSA
Les acquis évalués, le futur dessiné

L’esprit et les perspectives du mouvement social ont été confortés lundi, lors d’un point de presse tenu par le Secrétariat du Forum social africain, avec pour invités les forums sociaux brésilien et indien. Il a été ainsi question d’«un phénomène extraordinaire qui se développe rapidement et solidement à travers le monde, contre la rhétorique dominante qui veut que la libération soit la panacée à tous les problèmes de développement», tranche Samir Amin. Selon lui, le Forum social renverse les schémas de pensée et s’affirme comme «un changement positif majeur qui va développer et changer le monde».

On assiste ainsi, selon la formule du Brésilien Antonio Martins, membre du Forum social mondial, à «un retour à l’utopie», après que certains ont prétendu que le déclin de l’empire communiste a sonné la fin de l’histoire. L’activiste brésilien pense qu’il y a bel et bien une alternative au modèle libéral et de la consistance dans l’agenda du mouvement social. Il s’agit, pour lui, de substituer la notion de droit à celle des règles, la démocratie à la dépolitisation de la société, la paix à la brutalité.

A ceux qui doutent de l’impact du mouvement social, le Forum rétorque par quelques faits majeurs survenus dans le monde : la mobilisation de millions de personnes contre la guerre en Irak en 2003, le retrait de l’action judiciaire des multinationales pharmaceutiques devant la production de médicaments génériques contre le sida et la condamnation des Etats-Unis, même du bout des lèvres, par l’Organisation mondiale du commerce sur la question du coton. Sur cette question, Taoufik Ben Abdallah du Secrétariat du Forum social africain renchérit que même les Etats africains ont bénéficié du pouvoir de mobilisation et de négociation du mouvement social, lors des négociations commerciales de Cancun au Mexique. Mais, de l’avis de Samir Amin, le signe le plus convainquant de l’impact du forum est que Davos, la grand-messe du libéralisme, s’intéresse au mouvement social de près et l’a déjà invité.

Selon Rabia Abdelkrim du Forum africain des femmes, le mouvement social africain nécessite l’engagement de tous et particulièrement des femmes, pour une économie solidaire. A l’adresse des journalistes aussi Hassan Sonmonu, membre du Secrétariat du Fsa lance : «Vous êtes membres à part entière de la société et vous êtes affectés au même titre que tous les autres par les effets du neo-libéralisme. Vous avez à choisir entre le camp des oppresseurs et celui des opprimés».

A l’occasion de cette conférence de presse, Antonio Martins a annoncé que le Forum social mondial 2006 se tiendra simultanément dans «deux, trois ou quatre endroits du monde». Le Maroc a déposé sa candidature (voir ci-contre) et mène campagne pour accueillir certaines activités de ce Fsm. Quant à l’édition de 2007, déjà acquise pour l’Afrique, Taoufik Ben Abdallah annonce que le pays hôte sera connu dans les trois prochains mois. Des critères seront fixés pour le choix de ce pays, notamment en ce qui concerne les capacités logistiques, l’environnement politique et l’existence d’un mouvement social fort et cohérent.

Souleymane NI

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