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Social Africain |
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BILAN DU FORUM
Au moment où le troisième Forum social africain (Fsa) ferme ses portes, l’enthousiasme est loin d’habiter les cœurs des participants qui ont réfléchir aux possibilités d’un autre monde, quatre jours durant. De nombreux participants jettent un regard critique sur son déroulement et sur les idées développées au cours des différents panels. Solange Koné de la Côte d’Ivoire juge peu satisfaisants les débats auxquels elle a assisté au cours du panel «Paix et conflits». Là où elle attendait des propositions d’actions concrètes, elle n’a trouvé qu’une description de la nature des conflits et de leurs causes. «Les débats ne sont pas sortis des sentiers battus du discours habituel qui critique les acteurs des conflits», déplore-t-elle. Sur la question de la dette également, elle ne partage pas non plus la tendance radicale qui consiste à rejeter en bloc les initiatives pour les Pays pauvres très endettés et les Documents de stratégies de réduction de la pauvreté. «La société civile, soutient-elle, a toujours rejeté les politiques sans proposer des alternatives. Nous attendons que les autres prennent des initiatives pour les critiquer ensuite. Je pense que nous devons approcher ceux que nous combattons pour mieux les comprendre et peaufiner nos arguments en conséquence», souligne Mme Koné pour qui il est temps que les rencontres de la société civile deviennent plus constructives. Moctar Diallo de la Guinée s’inscrit dans la même logique en soulignant que la société civile doit arrêter de s’apitoyer sur les conditions des populations et faire des propositions. En dégageant par exemple des synergies entre les expériences des différents acteurs. Il en appelle ensuite a une autocritique. «Nous ne devons pas nous inscrire dans une logique de négation totale en rejetant toute la responsabilité sur les autres. Il faut que la société civile soit une sentinelle pour défendre aussi bien les nationaux que les étrangers. On a assiste des expulsions d’étrangers dans de nombreux pays sans que la société civile locale lève le petit doigt», critique M. Diallo qui déplore aussi l’atmosphère d’indifférence dans laquelle le Fsa s’est tenu à Lusaka. «Nous débarquons dans un pays où les populations ne semblent pas concernées par ce que nous disons. A la longue, ce sera un débat en vase clos. C’est justement ce qu’on reproche aux dirigeants», dénonce-t-il. Il est rejoint sur ce point par Fatimata Sy du Sénégal qui préconise qu’à l’avenir, avant de confier l’organisation du forum à un pays, on s’assure que les organisations locales ont un ancrage au sein de la population. S’il y a des satisfactions, Fatimata Sy les situe au niveau des débats sur les accords Acp-Ue dont elle a compris les enjeux. De même qu’elle affirme avoir saisi le rôle fondamental de l’éducation sur la construction d’une citoyenneté vigilante sur les dangers de la mondialisation. Pour sa part, Mamadou Ndao du Sénégal pense que «si les questions comme la privatisation de l’eau, de l’électricité, la destruction des forêts, l’exploitation des ressources minières étaient formulées de façon moins extravertie, elles seraient beaucoup plus mobilisatrices pour les populations». A ce effet, une alliance avec les médias communautaires lui paraît indispensable pour le mouvement social. Car «il n’y a pas de mouvement social fort si les populations ne sont pas informées. Il faut donc éviter que le forum ne se transforme en un débat technique entre des experts». Bréhima TOURE |
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