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LE MOUVEMENT SOCIAL FACE AU NEPAD
Lifting cosmétique ou
projet perfectible ? Faut-il embarquer dans le bateau du Nouveau partenariat
pour le développement de l’Afrique (Nepad)
ou rester à quai ? La réponse à cette question
divise les acteurs du mouvement social. Ce sont des positions tranchées
qui se sont exprimées hier, lors du panel organisé le
Nepad et l’Union Africaine, sur cette
initiative que les chefs d’Etat africain développent comme
solution de sortie de crise pour le continent.
Dans la bouche d’Oduor Ongwen du Kenya, la sentence est sans appel : «Les
motivations du Nepad sont à mille lieues
des aspirations des populations africaines». D’abord,
le mécanisme de revue des pairs qui consiste, pour les pays volontaires,
à se soumettre à une évaluation des pratiques de
bonne gouvernance, n’est pour lui qu’une condition imposée
par les bailleurs de fonds qui veulent créer un environnement
propice aux investissements étrangers. Le financement des programmes
du Nepad étant confié au secteur privé,
ce sont les multinationales occidentales qui occuperont la place en
dictant leur loi, fait-il observer. Qui plus, assène-t-il,
que les investissements directs étrangers n’ont jamais
profité aux populations locales. Plus radical, Demba Dembélé
du Sénégal estime même inutile de mener un débat
sur le Nepad. Le péché dans
cette initiative lui semble originel. Dans la mesure où lui paraît
illusoire de vouloir créer un nouveau partenariat – comme
le prétendent les promoteurs du Nepad – sans remettre en cause les règles qui
ont conduit l’Afrique au bord du gouffre. «Le Nepad
est muet sur la question de l’annulation de la dette», déplore-t-il
ainsi. Et de conclure sur le même tempo qu’Oduor Ongwen, pour dire que «le
Nepad n’est rien d’autre qu’un
lifting cosmétique pour embellir l’Afrique afin de mieux
la vendre aux multinationales». Devant ce tir de barrage, Hassan Sumonu du Nigeria élève
des objections. Il voit le mouvement social doit monter sur le ring
du Nepad pour se battre et faire passer ses
points de vue, plutôt que de rester dans les tribunes pour commenter
les actions des acteurs. «Si vous avez un enfant têtu,
vous avez le devoir de l’éduquer, vous n’avez pas
le droit de le tuer», a-t-il argumenté. Cette possibilité
d’agir sur le Nepad, pour la société
civile, il la voit dans le fait que cette initiative a beaucoup progressé
au cours de ces trois dernières années dans le domaine
du genre et de la prise en compte des suggestions de la société
civile. Les idées ne manquent pas. Et Boubacar Diop
du Sénégal de souligner que les Ong
essaient de faire avancer des idées dans le domaine de l’éducation,
notamment celle de l’enseignement du swahili dans les universités
africaines. Et il ne manque pas de critiquer le Nepad pour le peu de place faite aux questions d’éducation. Bréhima TOURE |
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