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LUTTE CONTRE La société civile crache
dans la soupe (Panos Infos) - «Le
Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (Cslp) permet au Mali de répondre à un double
défi : élaborer une politique nationale capable d'assurer
une croissance forte et durable, et mettre en oeuvre les voies et moyens
permettant d'intégrer les pauvres dans ce processus de croissance
et de développement».
Coordinateur du cadre stratégique de lutte contre la pauvreté
au Mali, M. Sékouba Diarra, n'a ainsi
aucun doute quant à l'efficacité de ce document élaboré
sous la houlette de la Banque mondiale. Face à ce discours, M.
Samba Tembély de Jubilé 2000 Mali élève
des objections. «Le Cslp
parachève plutôt le travail que les programmes d'ajustements
structurel (Pas) ont commencé dans les années Sur le plateau de la libéralisation et
de privatisation des entreprises publiques maliennes, M. Tembély
jette un lourd passif. En 2003, ils ont ainsi été six
cents travailleurs à se retrouver au chômage, avec le projet
de privatisation de la Compagnie malienne de développement des
textiles (Cmdt). Cette opération était une des conditionnalités
exigées par les bailleurs de fonds pour la mise en oeuvre du
Cslp. M. Tembély
enfonce le clou en ajoutant que le Nouveau partenariat pour le développement
de l'Afrique (Nepad) participe de cette même
stratégie qui consiste à servir le continent noir sur
un plateau à l'appétit glouton des multinationales. Et
ce n'est pas Mme Aminata Dramane Traoré,
autre figure marquante du mouvement social africain, qui met un bémol,
elle qui fustige «l'empressement
des chefs d'État africains à s'embarquer dans le bateau
du Nepad dont l'objectif n'est autre que de nous livrer pieds
et poings liés aux fers de lance du néolibéralisme
que sont les multinationales». La présidente du Forum pour l'autre Mali,
figure marquante de l'altermondialisme, se
désole tout autant de la similitude des documents stratégiques
de lutte contre la pauvreté dans plusieurs pays africains. Ce
qui dénote, à ses yeux, de l'incapacité des Africains
à élaborer eux-mêmes des stratégies pour
développer leurs pays. «Après
quarante années d'indépendance, cette situation n'est
pas réjouissante. Nous
attendons que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international
nous imposent une camisole de force, présentée comme la
panacée contre la pauvreté dans nos pays», se
désole Mme Traoré. En appui à ses propos, elle évoque
l'échec des programmes de l'Agence pour l'exécution des
travaux d'intérêt public (Agetip).
«On a créé
l'Agetip dans tous les pays africains en disant que c'est un
instrument de développement. Aujourd'hui, le constat est que
des dizaines de milliards de francs ont été dilapidés
pour peu de résultats». Pour défendre le Cslp,
M. Sékouba Diarra rappelle quelques
«vérités». Entre autres, que tout cela
est le fruit d'un processus participatif auquel la société
civile a pris part. «Ce processus a abouti à la définition d'une politique de
croissance, créatrice de richesses mieux réparties au
profit des pauvres. Les objectifs macro-économiques sont clairement
définis : un taux de croissance de 6,7% par an sur la période
2002/2006, un taux d'investissement de 22,6% et un taux d'inflation
inférieur à 3%", souligne-t-il. Avec un tel tableau
de marche, le Cslp lui apparaît comme une avancée considérable
par rapport aux stratégies mises en oeuvre par le passé.
«Il est soumis, précise-t-il,
à un principe évolutif
qui permet d'apporter des correctifs au fur et à mesure de la
mise en oeuvre». Le comité de pilotage composé
des cadres de l'administration, des représentants de la société
civile et des bailleurs de fonds se réunit régulièrement
pour réfléchir sur les orientations. Bréhima TOURÉ |
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