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MOUVEMENTS SOCIAUX ET CITOYENNETES
Les travailleuses du sexe exigent des droits
(30/01/2005)
Dans la salle B 204, cet après-midi de samedi 29 janvier 2005, l’ambiance
est particulière. Les femmes dominent de loin quelques rares hommes
éparpillés dans la tente qui abrite l’atelier sur le thème «Construire
la citoyenneté : l’expérience du réseau brésilien des professionnels
du sexe». Profitant du Forum social mondial, les différentes associations
de travailleuses du sexe du Brésil, regroupées en réseau, se sont donné
rendez-vous pour réfléchir sur des stratégies pour mieux intégrer la
société.
A l’entrée, une jeune fille distribue des documents dans lesquels
sont glissés deux préservatifs. A l’intérieur de la tente, des
acclamations accompagnent les réponses des animateurs. «Nous sommes
des citoyens comme tous les autres. Nous avons des droits. Nous voulons
être prises en compte par la politique générale de la société. Nous
disons non à la discrimination», déclame une femme. Carmen Lucia Paz,
secrétaire de l’association «Nùcleo de Estudos da Prostituiçào»
confirme : «La prostitution est une réalité sociale qui fait partie
intégrante de la société brésilienne. Voilà pourquoi les professionnelles
du sexe du Brésil se sont retrouvées en atelier pour parler de leurs
problèmes». Ce que nous souhaitons, à côté des autres couches sociales,
déclare-t-elle, «c’est la solidarité, l’intégration sociale
de toutes les couches, le respect, l’égalité devant la loi…»
A Porto Alegre, on compte quelque douze mille travailleuses du sexe,
selon les chiffres avancés par Carmen Lucia Paz. Le réseau qu’elles
ont mis en place leur permet de capitaliser des acquis. Entre autres, «d’exiger
du ministère de la Santé et de la Protection sociale, ainsi que du Travail,
un regard attentif sur celles qui exercent cette profession, et qui
se refusent d’être des marginalisées». Leur citoyenneté, ces professionnelles
du sexe l’expriment en travaillant pour se sensibiliser et sensibiliser
aussi les populations pour la prévention des maladies sexuellement transmissibles.
Hippolyte Djiwan
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