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ACCES
A L’EDUCATION
Comment emmener et maintenir les enfants à l’école
(29/01/2005)
Comment faire pour que le plus grand nombre d’Africains ait accès
à l’éducation ? Voilà une préoccupation qui devrait tenir
à cœur les gouvernants africains en particulier, et ceux des pays
en voie de développement de façon générale. A ce 5 e Forum social mondial
de Porto Alegre qui vise un monde nouveau, la question est revenue sur
le tapis. D’ailleurs, est-il possible de réaliser un autre monde
sans accorder une attention particulière à l’éducation ?
Nelson Mandela, ancien président sud africain avait répondu à la question
en indiquant que «l’éducation est l’arme la plus puissante
pour changer le monde».
A travers le thème «Recensement éducationnel : instrument pour
la mobilisation sociale et l’amélioration de l’éducation»,
ce Forum de Porto Alegre a consacré hier une réflexion à la question
à travers une conférence animée par les responsables du projet «Programa
Educar» en cours au Brésil. Selon Mme Helena Albuquerque, coordonnatrice
du projet, sa mission est de procéder au recensement des enfants qui
n’ont pas accès à l’école où qui y sont inscrits et qui,
pour une raison ou pour une autre, désertent les classes. Le but de
la démarche est d’être en possession des chiffres permettant de
mener une véritable action de plaidoyer à l’endroit des gouvernants,
en vue de mieux organiser la gestion des ressources destinées au secteur
de l’éducation.
La particularité de ce projet est qu’il s’appuie non seulement
sur des partenaires étrangers, mais également sur l’administration
municipale et préfectorale. En clair, le recensement des enfants qui
n’ont pas accès à l’éducation devient un enjeu de mobilisation
aussi bien des partenaires étrangers que de l’administration locale.
Mais si dans la ville de Porto Alegre on procède au porte à porte pour
recenser les enfants en vue de convaincre l’Etat à prendre ses
responsabilités, en Afrique, et particulièrement en Afrique subsaharienne,
les problèmes liés à l’éducation présentent d’autres dimensions.
«L’image d’une école africaine subsiste : un enseignant
solitaire, face à 70 à 80 écoliers. Il existe peut être un tableau noir
et de la craie. Les élèves ont parfois des pupitres ou s’assoient
sur des bancs ou au sol. Également quelques manuels ou tables d’exercices.
D’autres n’ont aucune salle de cours, mais doivent s’installer
en plein air, sous un arbre…». Ce dénuement que décrit Ernest
Harsch (Afrique Relance en ligne, une publication des Nations Unies),
est une donnée fondamentale dans les handicaps que traîne le secteur
éducatif en Afrique.
Dans un contexte comme celui-là, aggravé par des grèves des enseignants
(ceux du Niger et du Bénin n’ont repris les cours qu’en
janvier après la rentrée d’octobre 2004), la tâche est immense
pour les acteurs de l’éducation en Afrique subsaharienne. Mais
l’immensité du sujet est-elle bien perçue par la société civile
africaine ? La question mérite bien d’être posée quand on
se rend compte, par exemple, que les Africains sont rares pour ne pas
dire absents au moment où ces questions sont débattues à ce Forum social
mondial de Porto Alegre. Et pourtant l’expertise ne manque pas
sur le continent, capable d’échanger et de conforter ses acquis.
Hippolyte DJIWAN
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