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Camp
intercontinental de jeunes
La jeunesse est dans la place
(28/01/05)
FSA -
Une tente énorme, quelques graffitis sur les panneaux qui servent de
mur et à l’intérieur une centaine de jeunes écoutant d’autres
jeunes. L’espace s’appelle Cidade Hip-Hop, abrité par l’une
des neuf tentes spécialement créées à l’intérieur du Camp de jeunes
pour permettre aux jeunes de discuter. «En 2003, il n’y avait
pas autant d’infrastructures pour accueillir les débats dans le
camp. D’une manière générale, il n’y avait pas autant d’infrastructures»,
explique Caroline, qui était déjà du rendez-vous d’alors .
Le camp est une création de la jeunesse qui s’était sentie exclue
du processus de création du Forum de Porto Alegre. La réalisation des
activités dans l’enceinte d’une université privée (Puc –
Pontifícia Universidade Católica) rendait encore plus difficile leur
participation. «Alors ils ont suivi l’exemple de Mumbai et fait
du forum un événement réellement populaire», renchérit Caroline. Une
décision qui a plu aux jeunes. «Le jeune veut vraiment participer à
la construction de cet autre monde. Il ne veut pas être un simple spectateur
mais un des acteurs. Ce camp permet un échange entre jeunes, un échange
d’informations qui doit se poursuivre après Porto Alegre», lance
Max, jeune rappeur de Brasilia. Un milliers de jeunes qui habitent cette
«île de tentes» qui s’étend sur quelque 2 kilomètres dans
l’espace où a lieu ce 5e Fsm, au bord du fleuve Guíaba.
Les Brésiliens sont majoritaires mais on trouve des Uruguayens comme
Andrea ou des Suisses comme Julien. «Le camp est la chose la plus importante
du Fsm. Je vais faire du jonglage avec ces copains de la Bolivie, du
Pérou et de l’Argentine», explique le jeune barbu de Fribourg.
C’est sûr, celui-là ne passera pas par les ateliers. Au contraire,
ce sont les débats sur l’environnement et les relations humaines
qui ont amené Daniel et Diana au camp. «Moi, ce qui m’intéresse,
c’est ce qui se passe dans les espaces D et F (ndlr: Communication :
pratiques anti-hégémoniques, droits et alternatives et Luttes sociales
et alternatives démocratiques)», indique pour sa part, Gabriel, étudiant
en Géographie, pendant qu’il consulte le programme du Fsm.
Il est presque midi. Une bonne partie de jeunes en profitent pour se
baigner. Des douches ont été installées dans certaines zones du camp.
Garçons et filles sont en maillot de bain. D’autres, comme l’Uruguayen
Frederico, en profite jouer de la flûte à l’ombre d’un arbre.
Amanda, elle, n’a pas le temps de lire. «Le gaz est fini alors
j’ai dû allumer un feu pour faire la cuisine pour notre groupe.
On est cinq et je pense que je ferai la cuisine pendant tout le forum
», indique la jeune fille.
Cette heure de la journée est utilisée de différentes manières. Chapolim,
jeune punk de Rio de Janeiro essaie de vendre quelques cartes postales
qu’il a fabriqué. Le Fsm, c’est pas son affaire : «Ce
mouvement ressemble à une grande fête or il n’y a rien à fêter.
La situation est grave. De plus, tu trouves toujours une personnalité
au centre de chaque atelier. Un mec qui ne représente rien et moi je
veux pas qu’il me représente». Pablo et d’autres jeunes
du groupe Circo Voador en profitent pour discuter de la programmation
des activités qui ont lieu à l’intérieur du centre d’action.
Ici, les actions tournent autour de la sexualité. «Nous pensons que
l’Onu devrait adopter une résolution sur l’orientation sexuelle.
La diversité sexuelle est le point central dans la construction de ce
nouveau monde», explique Pablo.
Pablo, Amanda, Julien et les milliers de jeunes habitants du camp sont
reconnaissables à leur badge marron autour du cou et à un morceau de
tissu au poignet. «Au moment de l’inscription, le jeune reçoit
un kit contenant un bracelet, un petit sac, une tasse et un manuel.
Il doit payer 12 reais (environ trois dollars)», explique Viviane, une
des responsables du centre d’inscription. La baraque ne désemplit
pas. Sur les murs, un énorme plan pour pouvoir se situer et des informations
pratiques sur la localisation des sept centres d’action,
des neufs tentes communes, des espaces d’occupation, des cuisines,
des points de ventes d’artisanat, etc. «Les choses fonctionnent
comme dans une ville sauf qu’ici on mise sur l’autogestion.
Chacun est responsable. Chacun s’organise pour que les choses
fonctionnent. Par exemple, comme il n’y a de service de collecte
de poubelles, chacun doit chercher les points indiqués pour jeter les
ordures », ajoute Viviane. « La camp est désormais partie intégrante
du Fsm», indique Ana Paula, autre membre de l’organisation du
camp.
Vladimir MONTEIR
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