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RESUME
DES DES DEBATS ET DECISIONS
DU CONSEIL DU FORUM SOCIAL AFRICAIN
Caire,
Egypte 27-30 juillet 2004
Lors de la
réunion post Mumbai de Nairobi (10-13 mai 2004), il avait été décidé
de se rencontrer à nouveau pour approfondir le travail entamé. Sur invitation
d’organisations égyptiennes, le Conseil du Forum Social Africain
s’est réuni au Caire les 27-30 juillet 2004. Le programme de la
réunion comportait trois points :
- décider de la mission et des modalités de
fonctionnement du Conseil du Forum Social Africain
-
préparer la troisième édition du Forum Social Africain 2004-2005
-
préparer la participation africaine au Forum Social Mondial de Porto
Alegre (janvier 2005)
-
poursuivre la discussion sur la tenue du Forum Social Mondial en Afrique
en 2007.
La
réunion a vu la participation de 35 organisations et mouvements des
pays suivants : Afrique du Sud, Cameroun, Egypte, Ethiopie, Côte
d’Ivoire, Ghana, Guinée, Kenya, Maroc, Mali, Mozambique, République
Centre Africaine, Sénégal, Tanzanie, Tunisie, Uganda,
I- La session a été consacrée entièrement
à la mission, rôle et fonctionnement du Conseil du Forum Social Africain,
en partant des résultats de la rencontre de Nairobi, qui avait décidé
de la mise en place du Conseil lui même. Les débats ont eu lieu en groupe
de travail et en plénière. Ils ont abouti à un consensus sur la mission,
le fonctionnement et le membership du Conseil. (Voir annexe 1). Des
groupes de travail ad-hoc pour élargir la participation et faciliter
le consensus ont été crées à l’issu de la réunion du Caire.
A-
Un Groupe de travail sur la Stratégie et le Programme
B-
Un Groupe de travail sur la Mobilisation des ressources
C-
Un groupe de travail sur la mobilisation des mouvements sociaux
D-
Un Groupe de travail sur la jeunesse
E-
Un groupe de travail sur la culture, l’éducation, les arts
F-
Un groupe sur les médias.
G- Propositions
dans la perspective du Forum Social Mondial 2007
La composition
de ces commissions figurent en annexe 2.
Ces
groupes travailleront dans la perspective de l’organisation de
la troisième édition du Forum Social Africain (Lusaka, Zambie, 10-14
décembre 2004), et de la prochaine participation africaine du Forum
Social Mondial de Porto Alegre, fin janvier 2005. Leurs propositions
doivent être soumises par voie électronique à tous les membres du Conseil
pour débat et consensus.
II- La deuxième session a été consacrée à la préparation
de la troisième édition du Forum Social Africain et la participation
africaine au Forum de Porto Alegre.
Après avoir entendu les rapports du
Secrétariat ainsi que celui de membre du Comité d’Afrique australe
sur l’état d’avancement des préparatifs depuis la rencontre
de mai 2004, deux aspects importants ont été retenus et approfondis
en groupe et en plénière :
- Identification
des défis auxquels le continent est confronté et construction d’une
vision commune
- Priorités d’action
et partage des tâches dans la perspective du Forum Social Africain et
du Forum Social Mondial de Porto Alegre
A-
Identification des défis auxquels le continent est confronté et construction
d’une vision commune
A la suite
d’exposé de plusieurs intervenants, les débats ont fait ressortir
deux défis principaux auxquels le continent doit faire face :
a-
La dictature des politiques néolibérales :
b-
La politique de militarisation de la gestion de l'économie et des relations
politiques mondiales par la Triade (Europe, Etats-Unis et Japon), sous
le leadership de l'Empire américain.
1-
La question agraire et l'avenir des sociétés paysannes.
Ce
thème devrait permettre d'analyser les problèmes auxquels est confrontée
l'agriculture africaine dans la mondialisation néolibérale, de soulever
la question de la reforme agraire dans plusieurs pays (Zimbabwe, Afrique
du Sud, etc.) ainsi que la question de la mobilisation des mouvements
et organisations paysans dans le Forum Social africain et mondial.
2- La Reconstruction du Front Uni du Travail.
Les
difficultés auxquelles sont confrontées les syndicats africains s’expliquent
pour l’essentiel par les effets des politiques néolibérales mises
en place depuis plusieurs décennies. Elles se sont traduites d’une
part par la précarisation massive des travailleurs et fragilisation
des capacités de luttes des syndicats, et d’autre part par l’ « informalisation »
quasi générale de la production et du travail.
Intégrer
les travailleurs marginalisés dans un front unis du travail apparaît
comme une condition pour la reconstruction sociale et la régénération
des capacités de lutte face aux politiques néo libérales. Cette intégration
peut conduire à des une situation politique nouvelle et permettre l’émergence
de forces politiques légitimées non pas par les bailleurs de fonds mais
par couches populaires.
3-
La Souveraineté Nationale et la Démocratie.
L’idéologie
dominante nie la souveraineté des peuples et des nations et elle semble
être internalisée par les dirigeants de beaucoup de pays du Sud.
Les
participants se sont interrogés sur la réalité de la souveraineté des
citoyens et des peuples dans la conduite de leur vies collectives, la
gestion de leurs ressources et de leurs relations extérieures dans un
Etat de plus en plus soumis aux pressions politiques et économiques
internationales. Pressions qui rendent la consultation du citoyen et
des institutions nationales de plus en plus « inutiles » face
aux pouvoirs externes, que ceux ci émanent d’institutions internationales,
des Etats du Nord ou même de d’ONG internationales ou nationales.
4-
La Reconstruction du Front Uni des peuples du Tiers Monde.
Cette
reconstruction doit s’appuyer notamment sur la solidarité Afro-Asiatique
comme condition du renforcement des peuples africains et asiatiques
dans les décisions mondiales.
La
tâche du mouvement social africain est de contribuer à la reconstruction
de la solidarité entre les peuples pour créer un rapport de force favorable
aux organisations et mouvements en lutte contre le système néo libéral
dominant.
Les
débats ont fait ressortir plusieurs aspects qu’il faut considérer
dans l’appréciation des défis et des actions à mener, en particulier :
-
la nécessité de bien intégrer le lien entre les facteurs internes et
externes, et d’éviter la tendance à donner plus d'importance aux
facteurs externes par rapport aux facteurs internes, tels que les questions
de la corruption, la violation des droits humains, le manque de démocratie
dans nos pays.
-
La nécessité d’avoir une attitude critique vis-à-vis de l'UA.
Telle qu’elle est conçue, l’Union Africaine ne peut pas
relever les défis auxquels le continent fait face. En effet, en essayant
de copier le modèle européen, qui est un modèle néolibéral, l’Union
africaine ne peut pas concevoir une grande vision capable de mobiliser
les peuples africains.
-
Notre stratégie doit être de rassembler toutes les forces susceptibles
d’être rassemblées et de construire des alliances pour former
une formidable force de frappe dans notre lutte pour recouvrer notre
souveraineté politique et économique. Dans cette optique, la question
de la souveraineté alimentaire a été posée comme élément essentiel de
la souveraineté des peuples. A cet égard, le problème des organismes
génétiquement modifiés (OGM) ainsi que les conséquences désastreuses
des politiques de libéralisation ont été soulignés comme obstacles majeurs
à la réalisation de la souveraineté alimentaire. Des alliances entre
paysans et populations urbaines, d’une part, et le changement
des habitudes de consommation des Africains, d’autre part, ont
été proposés comme des éléments de la stratégie visant à atteindre cet
objectif.
-
La nécessité de prendre en compte
le rôle essentiel de la jeunesse dans nos luttes. Ce qui implique non
seulement leur intégration pleine et entière dans le processus de lutte
mais également la prise en compte de leurs préoccupations.
-
La nécessité d’envisager des actions vigoureuses pour offrir une
autre image de l’Afrique. D’une part, en organisant à Lusaka
et à Porto Alegre un tribunal des femmes africaines qui soit pour elles
un espace d’expression et de partages de leurs luttes et de leurs
alternatives. D’autre part en mettant en œuvre une stratégie
médiatique forte (publication de flemme d’Afrique, utilisation
du Web et de la radio, ..).
Dans
l’ensemble, les débats ont mis l'accent sur la formulation d'alternatives
dans tous les domaines. La question culturelle a été mise en exergue
comme élément fondamental dans notre lutte. La culture africaine contient
des éléments positifs puissants qui peuvent être utilisés pour contrer
l’influence néfaste et pernicieuse du système néo libéral. Revisitée,
elle peut être un rempart contre la pénétration des cultures aliénantes
qui tentent de contrôler les esprits et les cœurs de nos peuples.
Mais la culture peut également servir de guide dans la tentative de
forger une autre vision de l’Afrique et du monde.
Les
programmes finaux du Forum Social Africain et celui de la participation
africaine au Forum Social Mondial devront être formulés en prenant en
compte ces analyses ainsi que les priorités dégagées en commun.
B-
Priorités d’action et partage des tâches dans la perspective du
Forum Social Africain et du Forum Social Mondial de Porto Alegre
Les domaines d’actios collectivs
prioritaires autour desquelles devront s’articuler
les activités collectives lors du forum de lusaka et de Port Alegre
sont les suivants :
a)
La question de la souveraineté et de la démocratie:
b)
La question agraire et l'agriculture paysanne
c)
La reconstruction du front du travail
d)
Le Panafricanisme en question
e)
La reconstruction du Front Uni des Peuples du Sud
f)
Le tribunal des femmes africaines
g)
Art et Culture
h)
Médias et communication
f) Les
alternatives élaborées par les organisations africaines
Des Activités auto organisées
ou autonomes : elles sont du ressort des organisations
participantes qui en définissent le contenu et en organisent les débats.
Ces activités devront permettre une large expression des organisations
et mouvements concernés ainsi qu’un travail plus systématiques
sur les alternatives. Des liens entre ses activités et les activités
collectives devront être assurés afin de garantir un enrichissement
mutuel important. C’est le cas par exemple du camp de la jeunesse
qui sera organisé par des groupes de jeune lors du FSA.
Ces
activités auto organisées devront être notifiées au Secrétariat au plus
tard le 15 octobre.
La
participation africaine au Forum Social Mondial de Porto Alegre 2005 :
Les discussions sur cette question ont mis l'accent sur la nécessité
d'assurer une présence africaine, nombreuse et de qualité; de projeter
une image positive de l'Afrique et même une autre vision du monde à
partager avec les autres peuples du Sud.
Responsabilités
du Secrétariat :
Le
Secrétariat n’aura pas à assumer l’organisation de l’ensemble
des activités. Il a été proposé et accepté que le Secrétariat avec l’appui
des membres du Conseil :
-
appui les initiatives collectives sur les thèmes majeurs identifiés.
-
facilite l’organisation des séances d'ouverture et de clôture
lors du Forum Social Africain. La séance d'ouverture doit servir à projeter
une image forte et positive de l'Afrique. A cet égard, il a été proposé
d'inviter des personnalités de premier plan pour s'adresser aux délégués
africains.
- assure une présence culturelle de qualité du
continent et de la Diaspora
-
organise, à Porto Alegre deux grands séminaires sur certaines thématiques
majeures. Ces séminaires devraient être organisés dans la mesure du
possible avec d'autres mouvements du Sud, en impliquant la diaspora
africaine. Le premier séminaire se concentrera sur une analyse approfondie
des défis qui ont été identifiés tandis que le second mettre l'accent
sur les alternatives aux politiques néolibérales.
Il
a été rappelé que concernant les prises en charge des participants,
et compte tenu de l’intérêt croissant des organisations et mouvements
africains au FSA et au FSM que la responsabilité des prises en charge
incombe en priorité aux participants eux même. Le secrétariat jouera
un rôle d’appui en particulier en direction des organisations
à faible capacité financière. Son effort principal devra être consacré
-
à assurer les moyens nécessaires pour la traduction dans les principales
langues de travail utilisées sur le continent
-
à organiser l’espace de travail pour les activités ayant un caractère
collectif
-
à stimuler la communication et l’information
LE FORUM SOCIAL MONDIAL EN AFRIQUE
- 2007
Lors de la dernière session la discussion
a porté sur la tenue du prochain Forum Social Mondial en Afrique en
2007.
A cet égard, les participants ont mis
l’accent sur le fait que cette perspective est une chance pour
le continent à plusieurs titres. D’une part, elle permettra grâce
à la mobilisation de toutes les forces sociales démocratiques d’articuler
leurs espoirs et leurs propositions d’alternatives et jouer ainsi
un rôle démocratique et positif. D’autre part, elle permettra
de créer une masse critique populaire qui obligera les forces politiques
internes et externes à tenir compte de cette expression. Elle
pèsera ainsi sur l’avenir du continent dans le sens d’une
reconstruction démocratique et de la réhabilitation des citoyens.
Enfin elle constituera un moment fort
pour la construction de nouvelles solidarités entre les peuples, où
le continent sera pleinement présent.
Un groupe de travail a été mis en place
(voir annexe 2) qui devra étudier les options offertes pour l’organisation
d’un tel évènement. Ce groupe devra préparer un premier rapport
pour la réunion du prochain Conseil qui aura lieu deux jours avant la
prochaine édition du FSA.
Lors de la
séance de clôture du Conseil, une présentation sur la situation au Darfour
a été faite par un militant des droits humains soudanais, qui a été
suivi par un long débat sur les possibilités d’implication du
mouvement social africain dans la résolution de la crise de manière
à éviter une instrumentalisation de la situation par les forces extérieures
motivées seulement par la prédation des ressources naturelles de cette
partie du continent.
Enfin, un texte
de déclaration a été élaboré et proposé pour signature aux
participants (voir annexe 3).
A l’issu
de la clôture du Conseil, les mouvements égyptiens ont organisé une
journée d’étude et de partage sur l’évolution des luttes
sociales en Egypte et les perspectives de construction d’une plate
forme sociale commune. Cette journée s’est déroulée en présence
des autres participants africains. Elle a vu la participation de nombreuses
organisations du mouvement social égyptien qui ont fortement marqué
leur intérêt pour la dynamique du Forum Social Africain.
Les organisateurs
Egyptiens ont tenu à organiser un évènement culturel engagé pour partager
quelques aspects de leur culture avec les autres participants africains.
ANNEXE I
MISSION ET FONCTIONNEMENT
DU CONSEIL DU FORUM SOCIAL AFRICAIN
Le Conseil
est un espace ouvert de réflexion, de facilitation et de convergence
entre les différentes composantes du mouvement social africain dans
leurs luttes contre le système néo libéral et ses manifestations. En
tant que tel, le travail du Conseil est fondé sur l’engagement,
le volontariat de chaque organisation et de chaque personne qui en est
membre.
Mission :
1- Sur la base
de son analyse des développements internes et internationaux qui affectent
le continent africain, le Conseil propose les questions ou thèmes majeurs
sur lesquels le FSA devrait se mobiliser lors de ces différentes éditions.
2- Il définit
les relations entre le Forum Social Africain et le Forum Social Mondial
et propose des stratégies visant à mobiliser les mouvements sociaux
africains au sein du FSA et pour une participation active au Forum Social
Mondial.
Il n’est
cependant pas investi de pouvoir de coordination du mouvement social
africain dans son ensemble.
4- Il définit
les tâches du Secrétariat et suit l’état de leur
mise en œuvre.
5- Son fonctionnement
est non hiérarchique, démocratique et transparent et doit refléter toutes
les sensibilités qui s'expriment au sein du FSA. A cet égard, le Conseil
doit être ouvert à tous les représentants des mouvements et réseaux
identifiés à Nairobi, mais également à d'autres mouvements tels que
les Sans Terre, les groupes luttant contre le SIDA, les organisations
du secteur informel, etc.
2- Qualité de membre du Conseil
A- Le Conseil
est un espace ouvert. Mais pour que cette ouverture soit compatible
avec les Chartes du Forum social Mondial et Africain les organisations
/réseaux et mouvements doivent :
1) Adhérer
formellement à la Charte des principes du FSM et du FSA
2) Etre opposés
et lutter contre le système néo libéral et l’hégémonisme
B- La qualité
de membre n’a pas un caractère de représentativité. Dans le cadre
du Forum Social Africain elle est fondée sur les principes suivant :
Engagement,
Volontariat
Responsabilité
Solidarité.
C-
Pour promouvoir l’ouverture du Conseil et du Forum les membres
actuels chercheront à partager l’information avec le reste du
mouvement social et à inclure de nouvelles organisations/réseaux/mouvements
dans la dynamique du Forum Social et dans le Conseil.
D- Sur cette
base, les membres du Conseil doivent être issus d’un large éventail
de types d’organisations et de mouvements :
- mouvements
sociaux
- les syndicats
ouvriers
- les organisations
paysannes
- les organisations
de femmes
- les organisations
de jeunes
- les associations
de droits humains
- les organisations/institutions
de recherche
- la Diaspora africaine
- les réseaux
thématiques (dette; commerce; culture; conflits; etc.)
Bien que le
Conseil soit ouvert, les groupes et individus impliqués dans des initiatives
nationales, sous régionales ou thématiques liées à la dynamique du Forum
Social Africain, ainsi que les mouvements africains les plus actifs
dans les luttes mettant en jeux les intérêts fondamentaux des peuples
du continent à l’échelle continentale et internationale doivent
nécessairement en faire partie.
Les membres
du conseil chercheront à approfondir la mobilisation du mouvement social
et à prendre des initiatives individuelles et collectives lors des forum
sociaux africains et mondiaux afin d’accroître les possibilités
d’expression et de débat sur les luttes du continent.
3-
Fonctionnement
1- Le Conseil
se réunit au moins deux fois par an. En cas de nécessité, des réunions
exceptionnelles pourraient avoir lieu.
2- Les membres
assurent leur propre prise en charge pour participer aux réunions du
Conseil.
3- Les décisions
du Conseil se prennent par consensus.
4- Afin de
permettre une réelle participation aux décisions du Conseil et un minimum
d’efficacité des travaux, des commissions ad-hoc sont mises en
place.
A-
Un Groupe de travail sur la Stratégie et le Programme
B-
Un Groupe de travail sur la Mobilisation des ressources
C-
Un groupe de travail sur la mobilisation des mouvements sociaux
D-
Un Groupe de travail sur la jeunesse
E-
Un groupe de travail sur la culture, l’éducation, les arts
F-
Un groupe sur les médias.
G-
Propositions dans la perspective du Forum Social Mondial 2007
La liste n’est
pas exhaustive. Toutes autres commissions jugées nécessaires pourraient
être créées par le Conseil. Conformément à la charte du Forum
Social Mondial et Africain, les commissions sont ouvertes à tous les
membres du conseil qui souhaitent en faire partie.
.
Les commissions
ont pour mission de préparer les meilleures options sur les questions
concernées afin de faciliter les décisions et le consensus par le Conseil.
Elles doivent s’impliquer activement dans l’organisation
du Forum Social Africain et dans la facilitation de la participation
africaine au Forum Social Mondial.
4-
Relations avec le secrétariat
A- Le travail
du Secrétariat est un travail volontaire de facilitation. Le Secrétariat
ne représente en aucun cas une instance de coordination.
B-
Un flux régulier d’information doit exister entre le secrétariat
et le Conseil, de même qu’entre les membres du Conseil et l’ensemble
du mouvement social. Pour cette raison, le Secrétariat devra mettre
en place les outils nécessaires pour développer la communication à tous
les niveaux.
C- Le Secrétariat
présentent au Conseil un rapport de suivi tous les quatre mois. Ces
Rapports devraient être perçus comme des indications sur la mise en
oeuvre des tâches assignées au Secrétariat.
D- Le Secrétariat est responsable de la logistique liée aux réunions
du Conseil. Le programme de chaque réunion est arrêté après des consultations
préalables entre le Secrétariat et les membres du Conseil.
E- Enfin, le
Secrétariat est chargé de la rédaction du Compte rendu de chaque réunion.
Ce rapport est envoyé aux autres membres du FSA après les remarques
des membres du Conseil
5-
Relations avec les partis politiques
Los
Les débats sur la mission du Conseil, la question des relations avec
les partis politiques a été soulevée. Le consensus dégagé à ce propos
est le suivant :
1-
Les partis politiques peuvent être parmi les forces de changement et
partager la vision et les objectifs du Mouvement Social (MS). En particulier,
ils peuvent s'opposer au système néolibéral et à l'impérialisme. Des
alliances peuvent dans ce cas être possibles et même nécessaire entre
mouvementssociaux et partis politiques.
2)
Leur participation aux activités du MS peut se faire selon les réalités
de chaque pays et de chaque sous région. Mais il ne peut y avoir de
règle générale s’appliquant à tous les pays. Les partis ne peuvent
cependant pas prendre le leadership du mouvement social, ni le soumettre
à leurs agendas politiques
3) la participation
des membres de partis politiques à titre personnel aux activités du
Conseil serait possible sur la base du respect de la Charte des principes
du Forum Social Africain et Mondial
ANNEXE 2 : Liste
des membres des groupes de travail mis en place par le Conseil du Forum
Social Africain du Caire
Program and Methodology
Rabia
Abdelkrim
Samir Amin
Amir Salem
Corinne
Kumar
Saadi Mohammed Said
Hassan A. Sunmonu
Oduor
Ong'wen
Buuba Diop
Godlberg Rindayi
Ouattara
Diakalia
Sara Longwe
Fatma Alloo
Bedoui Abdelgelil
Helene Rama Niang
Lassaad Jamoussi
Demba
N. Dembele
Taoufik Ben Abdallah
Mobilization
Regis
Mtutu
Lebohang Liepollo Pheko
Kiss Brian Abrahams
Mwadhini
O. Myanza
Kassahun Belete
Wahu Kaara
Taoufik
Ben Abdallah
Youth
Lassaad
Jamoussi
Rabia Abdelkrim
Ouattara Diakalia
Buuba Diop
Kassahun Belete
Kiss Brian Abrahams
Resources
Muleya
Hachiinda
Hassan A. Sunmonu
Yves Alexandre Chouala Edward Oyugi
Elizabeth Eilor
Bakary Fofana
Azeb
Sara Longwe
Taoufik Ben Abdallah
Media
Rabia
Abdelkrim
Sengor Diana
Fatma Aloo
Viriato
Kiss Brian Abrahams
Sara Longwe
Culture/ Education/ Art
Lassaad
Jamoussi
Fakhry Labib
Buuba Diop
Mwadhini O. Myanza
Hassan Sunmonu
Kiss Brian Abrahams
Kassahun Belete
Helene Niang
Working Committee on WSF 2007
Abdeljelil
Bedoui
Elizabeth Eilor
Fatma Alloo
Rabia Abelkrim
Viriato
Muleya Hachiinda
Taoufik Ben Abdallah
Oduor Ongwen
Edward Oyugi
Ouattara Diakalia
Bakary Fofana
Rama Niang
Saadi Mohammed Said
Sara Longwe
Yves Alexandre Chouala
Hassan Sunmonu
Lebohang Liepollo Pheko
Regis Mtutu
Amir Salem
Kassahun Belete
ANNEXE 3 : Texte de la déclaration
signée par les participants au Conseil
(ce
texte engage les signataires et n’engage pas collectivement le
Conseil du FSA)
Les résistances et alternatives africaines face a la
globalisation
forcée et destructive
Le Conseil continental du Forum Social Africain s’est réuni
en sa première session du 27 au 30 juillet 2004 au Caire en Égypte,
don du Nil, trait d union entre l Afrique au Sud et Nord du Sahara,
dans cette Égypte, don de l Afrique au reste du monde.
La réunion
a été convoquée a la fois pour la préparation du prochain forum Social
Africain, le troisième prévu a Lusaka en Zambie du 10 au 14 décembre
2004, après celui de Bamako (2001) et celui d Addis Abeba (2002) et
a la fois en vue de la préparation de la contribution africaine au 5eme
Forum Social Mondial (édition 2005, Porto Allègre, Brésil).
Les
participants au Conseil continental considèrent que la situation internationale
demeure caractérisée par l’élargissement du fosse entre riches
et pauvres, une plus grande concentration des richesses du monde entre
les mains de quelques multinationales, l’utilisation de puissants
moyens militaires pour créer ou attiser des foyers de tensions, fomenter
et conduire des guerres pour le contrôle des richesses naturelles et
des voies de communications stratégiques. Ils se sont montrés particulièrement préoccupés
par les méfaits du néolibéralisme et par les drames quotidiens imposes
aux peuples irakiens et palestiniens et ont exprimé leur solidarité aux peuples arabes.
Ils
ont lancé un appel à l’organisation des Nations Unies qui doit
cesser sa politique de l autruche et de complicité, naguère au Rwanda,
au Kosovo, et aujourd'hui en Cote d Ivoire et en République démocratique
du Congo pour se mettre résolument dans une véritable dynamique de rétablissement
du droit légitime des peuples à disposer de leurs terres, de leurs richesses
et de leurs destinées. L’exercice de la souveraineté nationale
doit être défendu et assumé.
Ce
contexte international, fait d exploitation économique et de domination
politique, d'hégémonie des modèles culturels dominants, aliénants et
méprisants a l égard des peuples du Sud et des pauvres du Nord, est
aussi fait de luttes et de résistances nationales, sociales, culturelles,
économiques soutenues par le Forum Social Mondial . Les protestations
ou affirmations identitaires sont parfois prises comme prétexte par
l'impérialisme pour déclencher des terrorismes d’état ou de milices
privées contre des terrorismes dits groupusculaires. Cette répression
militaire est accompagnée par une répression, un contrôle économique
exercés par la Banque Mondiale, le FMI avec la complicité de l'OMC.
Un arsenal juridique et social, répressif et régressif est mis en branle
pour servir les intérêts du néolibéralisme.
Les progrès de la science et de la technique sont entre les mains
de multinationales au service de la logique du marche et contre la qualité
de la vie (ex: OGM)
La
situation africaine est marquée par l'hyper médiatisation du conflit
social, politique, culturel, et économique au Darfour, par la persistance
des conflits politico-militaires en République Démocratique du Congo,
en Cote d'Ivoire, etc., des
dynamiques régressives au plan démocratique et républicain (persécutions
des journalistes, d’intellectuels, de travailleurs, d’opposants,
etc.). Ils sont conscients que la propagande impérialiste donne une
vision simpliste et caricaturale des situations africaines en se taisant
sur ses propres manœuvres, son redéploiement pour mieux exploiter
les immenses richesses du continent et réoccuper les positions stratégiques,
en pratiquant comme toujours la politique du diviser pour régner.
Ils se sont particulièrement appesantis sur la catastrophe humanitaire
au Darfour qui ramène a la surface la mal gouvernance au Soudan et le
fuite en avant du régime militaire et obscurantiste soudanais, mais
aussi les convoitises suscitées par la découverte de nouveaux gisements
énergétiques et miniers dans l'ouest du Soudan.
Les
participants au Conseil attirent l’attention sur les implications
du New American Century, des accords UE/ACP et invite les peuples africains
a se mobiliser contre le néolibéralisme et le militarisme illustre par
l’OTAN (Organisation du Traite de l’Atlantique Nord), l’ACRI
(African Crises Initiatives Responses), les initiatives du commandement
européen de l'armée américaine (US-EUCOM),
l’ACSS (African Center for Strategic Studies), l’ACOTA (
African Contigency Operations Training Assistance), l’IMET (le
programme international des formations dans les domaines militaires
et de l'education), le JCET (Joint Combined Exchange Training),
l’Initiative Pan Sahel (programme d assistance militaire)
qui visent pour l’essentiel à assurer l’approvisionnement
américain en matières premières
venant non seulement des différentes sous-régions d’Afrique, mais
aussi passant par ce continent par voie maritime et/ou aérienne .
Les
participants au Conseil ont accordé une attention particulière à l’expression
des besoins des peuples africains, particulièrement ceux formules par
les mouvements sociaux des travailleurs dont le statut est de plus en
plus précarise, de jeunes à la recherche d’emplois et utilisés
comme chairs à canon, des femmes appauvries et marginalisées. Les besoins
et priorités que ces mouvements mettent à l’ordre du jour sont
les questions agraires, l’autosuffisance alimentaire, un commerce
juste et équitable, l accès aux services sociaux de base (eau, énergie,
éducation, santé et habitat) , en un mot , ils veulent le progrès social
et la démocratie , le respect, la promotion et la défense des droits
fondamentaux de l'être humain.
Les participants
au Conseil lancent un appel:
- a la société
civile africaine pour qu elle renforce la solidarité en son sein, renforce
ses capacités, fasse preuve de vigilance face aux manœuvres de
déstabilisation dont elle peut être l objet, de perspicacité et de fermeté
face aux gouvernements africains qui ne remplissent pas leur mission
de défense des intérêts des populations
- aux mouvements
de jeunes qui doivent être parmi les leviers du réveil africain
- aux mouvements
de femmes qui peuvent ouvrir la grande porte des nouvelles initiatives
africaines
- aux travailleurs
producteurs des villes et des campagnes pour constituer le socle du
front social libérateur
- aux intellectuels
pour qu ils soient organiquement impliques dans les mouvements sociaux
émancipateurs
- aux membres
du M.S.A en Cote d Ivoire et en République démocratique du Congo pour
intensifier le dialogue en leur sein afin d influer sur les processus
pour la paix dans leurs pays respectifs.
- au mouvement
social soudanais a se mobiliser pour le règlement pacifique du conflit
politique, social, culturel, ethnique et économique au Darfour et l'instauration
d'un état démocratique qui reconcile et fédère les populations du Soudan.
- Le M.S.A
ne peut être complice du silence, de l’ethnicisme, de racisme,
de génocide, il ne peut se taire sur les catastrophes humanitaires,
il doit dénoncer les violences politiques, économiques, culturelles,
symboliques dirigées contre toute population africaine, contre tout
être humain
- Ils apportent
leur soutien au combat que mène la
presse africaine pour la liberté d’informer et la liberté de conscience.
- Ils lancent
un appel à tous les démocrates africains pour un renforcement de la
culture démocratique, des valeurs républicaines, en contrecarrant toutes
les tendances répressives, celles qui se manifestent par exemple sous
la forme de pouvoirs illimités aux autocrates invétères.
Ils
attendent de l'Union Africaine, dans une prise en compte des points
de vues de la société civile africaine et la promotion d'une véritable
citoyenneté et solidarité africaine
Ils
invitent à saisir les opportunités des prochains sommets mondiaux sur
le Commerce, l Information, etc. pour défendre les causes des peuples
africains.
Les
participants sont conscients que la véritable renaissance africaine
doit servir les intérêts des masses africaines et non ceux du capitalisme
international qui a ses Chevaux de Troie africains
Notre
combat assume l'héritage culturel africain, humaniste et solidaire
Les
participants lancent un appel aux mouvements sociaux africains, à l'intérieur
du continent et aux Africains de la Diaspora pour qu ils fassent du
Forum Social Africain de Lusaka en décembre 2004, un Forum vivant, miroir
des résistances et des Alternatives africaines face a la globalisation
libérale
Le
Caire, le 28 juillet 2004 |