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Forum Social Africain

 

 

 

Index  /  Addis-Abeba 2003

 

Pourquoi une deuxième édition du Forum Social Africain


1- Le besoin de pérenniser le Forum Social Africain a été fortement exprimé à Bamako. La raison essentielle à cela réside dans le fait qu'un tel espace, fondé sur la diversité des opinions et des approches, la reconnaissance et l'apprentissage mutuels, n'existe pas sur le continent. Les organisations et réseaux thématiques, bien qu'ils remplissent leur rôle de manière adéquate et se renforcent progressivement, ils ne disposent pas d'un espace ouvert qui leur permettent périodiquement de mettre en commun leurs réflexions, leurs actions, et leur savoir faire.

2- Ce besoin est d'autant plus marqué, que l'Afrique a mis en marche son processus d'union au cours de l'année écoulée et qu'il est nécessaire de mettre en place des espaces globaux de convergence pour peser sur le processus d'unification et permettre aux sociétés africaines d'y exprimer leurs points de vue concernant les initiatives prises au nom du continent.

En tant qu'espace d'information, et de renforcement mutuels, le forum doit répondre au besoin de promotion des débats d'idées et de la démocratie, d'échange de réflexion sur les évolutions internes et externes au continent, de dynamisation des mouvements sociaux africains et de vigilance par rapport aux politiques conçues pour le continent.

Le Forum Social a posé les jalons d'un tel espace, et il est essentiel qu'il continue à promouvoir les valeurs pour lesquelles il avait été initié.
3- Le forum a été un élément de mobilisation des mouvements africains pour qu'ils prennent part aux mouvement social mondial. Le nombre de participants est passé de 30 à plus de 200 en une année. Au delà du nombre de participants, il s'agit toujours de faire en sorte que le continent prennent part pleinement à un forum qui représentent tout ce dont la planète compte de forces sociales qui se battent contre les dérives néo-libérales, et qui jettent ensemble les prémices de véritables alternatives démocratiques pour la planète. Autant l'Afrique officielle a besoin de renforcer ses capacités au sein des institutions internationales pour mieux défendre ses intérêts, autant le mouvement social africain a besoin de marquer par ses apports les mouvements alternatifs mondiaux. Dans les deux cas, il y va du bon fonctionnement de la démocratie mondiale.

4- L'évolution constatée dans plusieurs domaines qui intéressent l'ensemble du continent justifie largement une nouvelle concertation approfondie entre les composantes thématiques, sous régionales et d'acteurs à l'échelle du continent. Parmi les éléments importants à prendre en compte on peut signaler l'adoption à Doha du principe d'un nouveau cycle de négociation commerciale, la tenue du Sommet sur le Financement du Développement et l'adoption du Consensus de Monterrey, le lancement de l'Union Africaine en juillet dernier, le plan d'action pour l'Afrique adopté par le Sommet du G8 au Canada, la mise en route du NEPAD, le lancement de négociations commerciales entre l'Union européenne et les pays ACP pour définir des zones de libre échange, l'évolution de la situation de certains conflits à l'intérieur du continent et l'émergence de nouveaux conflits, le lancement de la campagne du PNUD pour la mise en œuvre des objectifs du millénium, la tenue du Sommet sur l'Environnement et le Développement…

Les débats qui ont eu lieu au cours de ces évènements indiquent clairement une poussée importante et un enracinement dangereux à l'échelle internationale et régionale du discours et des pratiques néo libérales.

Ils montrent des difficultés de plus en plus grande que les peuples africains rencontrent pour défendre leur droits économiques et sociaux, infléchir dans le sens de leurs intérêts les règles du jeu qui régissent la planète, et faire face à un ordre qui les réduit le plus souvent à des sujets de charité internationale.

Les évènements dramatiques du 11 septembre sont venus rendre la situation du continent encore plus problématique. De même que les évènements qui ont suivi ce drame : guerre d'Afghanistan, injustice inacceptable faite aux palestiniens, état de guerre permanent que les Etats Unis et la Grande Bretagne ont imposé à la planète entière et qui font peser un danger permanent sur la stabilité et la sécurité mondiale, unilatéralisme et marginalisation du système multilatéral.

Tous ces événements ont prolongé une situation de crise économique et politique dans le monde, qui n'est pas de nature à permettre à l'Afrique d'engager un développement autonome centré sur les priorités et les aspirations des populations du continent.

Le deuxième Forum Social Africain, ainsi que le troisième Forum Social de Porto Alegre se tiendront dans une situation mondiale incertaine, pleine de risques qui impose aux peuples de la planète une absence de lisibilité de l'avenir, et une fermeture sur soi dommageable pour les relations humaines.

Une Autre Afrique est Possible