Marche d’ouverture du Fsm 2005 :
Déficit de porteurs de pancartes chez les Africains (27/01/2005)
F.S.A - Le Forum social mondial 2005
de Porto Alegre s’est officiellement ouvert mercredi après
midi, avec une marche qui a rassemblé quelque cent vingt mille
personnes selon la police, les services chargés de la mobilité
urbaine de la ville parlant eux de deux cent mille participants.
Pour cette procession consacrée à la célébration de la diversité,
ils n’étaient qu’une quarantaine d’Africains
à battre le macadam, pour quelque trois cents délégués venus du
continent. Malgré leur nombre réduit, ils ont pu cependant se
singulariser dans la mêlée, élevant la voix ici ou là pour lancer
des slogans, se mêlant aussi à certains sarabandes joyeuses.
En tenue traditionnelle africaine, brandissant des banderoles
et quelques pancartes confectionnées à la va-vite, ils ont stigmatisé
la mondialisation néolibérale et les politiques qui la sous-tendent,
ainsi que les institutions financières internationales qui les
imposent aux populations des pays du Sud. «A travers notre participation
à cette marche et surtout notre présence à ce rendez-vous de Porto
Alegre, nous tenons à manifester notre solidarité par rapport
aux différentes luttes qui se mènent de par le monde en vue de
l’avènement d’un monde plus juste et de paix», a déclaré
un participant africain, déplorant au passage la faible mobilisation
de ses camarades du même continent à la manifestation.
Une déception partagé par Taoufik Ben Abdellah, membre du secrétariat
du Forum social africain, pour qui la présence des Africains à
ce 5 e Forum social de Porto Alegre s’inscrit dans la logique
d’une affirmation de soi. «Nous voulons signifier que nous
existons, que nous prenons part à toutes les manifestations, à
toutes les expressions, et c’est important de démontrer
qu’on est solidaire pour le monde alternatif en recherche.
Nous voulons affirmer que nous aussi, nous défendons les valeurs
d’égalité, d’entente, de non violence, de paix», a-t-il
affirmé. Selon lui, «il est très important que l’Afrique
puisse montrer son visage, sa couleur dans ce monde alternatif
que l’ont veut universel. Nous avons beaucoup de choses
à partager avec les autres ; il y a des questions récurrentes
telles que la dette, l’ajustement structurel, qui ne trouvent
toujours pas d’issue».
Quelques heures avant cette marche, au cours de la conférence
de presse tenue par le Conseil international du Fsm, la Kenyane
Njoki Njehu, membre de l’Ong «50 Years Is Enough Network»,
soulignait que si l’Afrique est présente à ce 5 e Forum
social mondial, c’est, entre autres, «pour dire non aux
exactions qu’elle subit». Avec des défis à relever qui vont
de la lutte pour la réduction de la pauvreté à celle contre les
violations des Droits de l’homme, en passant par la dette
sur laquelle elle a mis un accent particulier. Mais cette détermination,
il n’y avait pas assez de banderoles pour le dire dans la
masse des marcheurs qui ont arpenté les rues de Porto Alegre pendant
une bonne heure.
Ousseini ISSA
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